Bernasconi Madeleine · Nationalrat · 2001-09-19
Bernasconi Madeleine · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-09-19
Wortprotokoll
Vous penserez bien que mon propos ne pourra pas être le même que mes deux préopinants. Cette initiative populaire "pour une adhésion de la Suisse à l'ONU", qui a revêtu tout de même plus de 124 000 signatures, a donc été déposée le 6 mars 2000, et démontre que nous avons la volonté d'assumer notre rôle de nation responsable et prête à faire que la Charte des Nations Unies soit respectée. Notre histoire, faite de discussions pour atteindre un large consensus, nous permettra d'apporter, même modestement, notre contribution pour arriver à résoudre les problèmes de notre temps. Même si cette organisation n'a de loin pas que des réussites à son actif, elle a enregistré des succès importants, évité bien des drames et permis souvent de limiter nombre de situations douloureuses.
La Genève internationale est un enrichissement à la fois politique, social et culturel pour la Suisse, un atout important pour notre politique étrangère. L'adhésion à l'ONU permettra encore un meilleur développement de la Genève internationale, donc de la Suisse. En effet, d'avoir ce siège en Suisse a donné à notre pays une dimension extrêmement importante que, sans cela, nous aurions eu grand-peine à établir. Mais cela ne suffit plus. Alors, souhaitons que le peuple suisse suive la majorité de notre Conseil en 2002, ce dont je ne doute pas, et souhaitons que dans ce IIIe millénaire qui s'ouvre, il démontre au monde que la Suisse n'est pas seulement un pays économiquement fort, mais pas non plus un pays replié sur lui-même, que la Suisse est une nation ouverte qui poursuit dans la voie humanitaire initiée entre autres, au XIXe siècle, par Henry Dunant.
Alors, soyons forts en prenant part aux décisions qui seront prises pour l'avenir de notre planète par notre engagement pour que nos concitoyens et concitoyennes adhèrent avec les 124 772 initiants.
Dernièrement, dans une de mes lectures, dans le livre "La plus belle histoire du monde", trois hommes sont interviewés par Dominique Simonnet, qui sont Hubert Reeves, Joël de Rosnay et Yves Coppens. Je vais exprimer ce qu'ils mentionnaient, en tout cas Hubert Reeves qui devait répondre à trois questions qui me paraissent fondamentales: d'où venons-nous? que sommes-nous? où allons-nous? A ces questions posées à Hubert Reeves sur notre monde, sur notre capacité, malheureusement, à nous détruire, une des réponses d'Hubert Reeves a été: "Dans un organisme, il y a un système d'alarme et de guérison. Lors d'une blessure, le corps entier se mobilise. Il nous faut inventer un système analogue, au niveau de la planète. L'ONU et les associations humanitaires en sont une ébauche. Il faudra alors certainement aller plus loin." Vous voyez que cet organisme, même avec toutes ses faiblesses puisqu'il est fait d'hommes et de femmes, a un rôle extrêmement important à jouer, peut-être encore plus dans les prochaines années.
Alors, pouvons-nous encore ne pas être un partenaire à part entière, pour être à même d'apporter des remèdes au terrorisme et aux guerres? Seule l'ONU sera, et pour longtemps, l'organisation à même d'être le moyen d'atteindre ces buts. Faisons partie de cette chaîne, et surtout, soyons un de ses maillons solides en apportant notre expérience, notre voix.
Je vous invite donc à recommander au peuple et aux cantons d'accepter cette initiative populaire et à vous engager, comme en tout cas je le ferai, pour que vos et mes électeurs et électrices suivent les initiants et le Conseil fédéral pour l'adhésion de la Suisse à l'ONU.