Maury Pasquier Liliane · Ständerat · 2012-12-11
Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-12-11
Wortprotokoll
J'accueille bien évidemment ce projet avec une grande satisfaction puisqu'en 2011, j'avais interpellé le Conseil fédéral en vue d'une ratification rapide de la Convention de Lanzarote.
Le Conseil de l'Europe s'engage pour protéger les enfants contre l'exploitation et les abus sexuels par le biais de cette convention, mais aussi en mobilisant ses parlementaires, notamment par le truchement du Réseau de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe des parlementaires de référence contre la violence sexuelle à l'égard des enfants, réseau que j'ai l'honneur de présider.
Le 20 novembre 2012, Journée mondiale de l'enfance, le réseau a adopté la Déclaration de Moscou lors de sa rencontre dans la ville du même nom. Par cette déclaration, en plus d'oeuvrer pour que chaque Etat que nous représentons signe, ratifie, mette en oeuvre la Convention de Lanzarote et en assure le suivi, les parlementaires de référence se sont engagés à s'impliquer activement dans la campagne "Un sur cinq" du Conseil de l'Europe contre la violence sexuelle à l'égard des enfants en mettant en oeuvre des actions de sensibilisation et de prévention, notamment au niveau national. A cette occasion, nous avons d'ailleurs édité un recueil des actions et bonnes pratiques de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, qui recense ce que fait l'ensemble des pays membres dans ce domaine.
Cette campagne cherche précisément à promouvoir la Convention de Lanzarote ratifiée aujourd'hui par 22 pays - vous voyez, Madame Seydoux, qu'il y en a déjà quatre de plus - ainsi qu'à sensibiliser sur ce thème les familles, les personnes s'occupant d'enfants et les enfants eux-mêmes, les enfants dont on estime qu'un sur cinq en Europe serait victime de violence sexuelle sous une forme ou une autre.
En amont des programmes d'aide aux victimes et de la répression des abus sexuels envers les enfants, la Convention de Lanzarote a pour premier axe le développement de mesures préventives visant à éviter que l'irréparable soit commis. En Suisse, cet axe doit être renforcé. En complément des mesures de ce type énoncées dans le message du Conseil fédéral, la Suisse gagnerait par exemple à lancer sa propre campagne "Un sur cinq". Ainsi, la ratification de la convention ne marquerait pas seulement la fin d'un processus législatif, mais le début d'une mise en oeuvre dynamique, efficace et engagée dans laquelle notre pays, fort de sa tradition de promotion des droits humains, pourrait jouer un rôle de pionnier.
De Berne à Lanzarote, en passant par Strasbourg et Moscou, l'itinéraire est compliqué, mais la direction est la même. C'est celle d'un futur où les enfants de Suisse et du monde pourront grandir à l'abri de la violence sexuelle et devenir après-demain des adultes épanouis, capables d'assurer l'avenir de notre société et de notre humanité.