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Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2001-09-19

Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2001-09-19

Wortprotokoll

Je l'ai dit ce matin lors du débat d'entrée en matière, il faut à la fois une continuité et une adaptation. La continuité fait que nous ne pouvons pas accepter les baisses absolument drastiques qui nous sont proposées soit par la minorité Haering, soit par la proposition Chiffelle. Mais il faut une adaptation, ai-je dit, une adaptation à la politique et il n'y a pas, Monsieur le Conseiller fédéral, que la politique de défense proprement dite. Et alors, je ne comprends pas que, si facilement, le Conseil fédéral puisse renoncer à ces deux avions de transport. Nous sommes, avec ces deux avions de transport, si je puis dire à l'intersection, ou plutôt à la conjugaison entre le volet actions pour la paix, le volet actions pour les Suisses, et le volet militaire. On a voulu que nos soldats soient armés pour pouvoir accomplir des missions pour la paix. Mais, pour qu'ils puissent être davantage autonomes, pour qu'ils puissent davantage accomplir leurs missions, vous m'avouerez que l'argument est tout aussi valable pour justifier que nous ayons deux avions suisses et que, pour ces missions, pour le transport de troupes, le transport d'équipement humanitaire, que sais-je, au profit de populations que nous voulons aider, nous ne dépendions pas uniquement des avions des pays étrangers. Par conséquent, je trouve que déjà là, il y a quelque chose d'un peu incompréhensible. Et puis, M. Christen - que je remercie d'avoir à l'avance défendu ma proposition de minorité - l'a déjà dit: il y a, avec les avions de transport, une possibilité de rapatrier les Suisses de l'étranger. Monsieur le Conseiller fédéral, vous le savez, c'est M. Edouard Brunner, ancien secrétaire d'Etat, qui me rappelait l'épisode du Rwanda: dans l'épisode du Rwanda, à un moment donné, il a fallu rapatrier nos Suisses de l'étranger. Ce sont des avions français qui les ont rapatriés. Pour ceux qui, notamment, aiment tellement la souveraineté et l'autonomie, ils devraient avoir ça à l'esprit: ce sont des avions français qui ont rapatrié les Suisses du Rwanda.

Et l'un des pilotes des avions français a dit alors, évidemment: "S'il y a encore de la place, on mettra les Suisses, mais priorité aux Français." Si vous appelez ça la sauvegarde de nos intérêts, la sauvegarde de nos compatriotes et si je puis dire aussi, la sauvegarde de notre dignité, de notre autonomie, eh bien, je veux bien être pendu! Je crois [PAGE 1052] véritablement que cet avion de transport se justifie pleinement, à la fois pour nos missions à l'étranger et pour la protection des Suisses de l'étranger.

Par conséquent, Monsieur le Conseiller fédéral, à moins que vous ne me donniez décidément des arguments absolument décisifs, je pense que c'est vraiment fort dommage que l'on renonce à ces avions de transport. J'irais même jusqu'à dire que s'il avait fallu, de manière raisonnable, baisser tel ou tel autre crédit en faveur de cet avion de transport, mais naturellement pas dans les proportions qui nous ont été présentées, j'avoue que cela m'aurait troublé, que j'aurais peut-être pu entrer en discussion, voire me rallier. Mais encore une fois, toutes les autres propositions, ce sont des baisses sans aucune compensation. Je n'ai pas vu, à part en entendant M. Christen, de proposition pour ces avions de transport.

Je vous engage, en tout cas pour le moment, à accepter la proposition de minorité.