Lexipedia

Aubert Josiane · Nationalrat · 2013-06-10

Aubert Josiane · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-06-10

Wortprotokoll

Le groupe socialiste a toujours soutenu la formation et la recherche avec conviction, y compris naturellement leur dimension internationale. Nous soutiendrons donc tout naturellement la participation de la Suisse au huitième programme-cadre, appelé Horizon 2020, persuadés qu'actuellement plus que jamais la recherche ne peut se faire seul dans son coin, mais que tous les cerveaux doivent participer ensemble à faire avancer les connaissances. Nous rejetterons donc la proposition - idéologique - de non-entrée en matière du groupe UDC.

Nous l'avons entendu, les chercheurs suisses sont à la pointe de la recherche et de l'innovation en Europe. Par leur travail, ils contribuent au succès de notre pays et vont chercher des fonds européens pour financer leurs travaux. Cela rend notre participation fort intéressante aussi au niveau financier, puisque pour un franc investi c'est 1,50 franc qui revient dans nos hautes écoles et autres instituts de recherche.

Ce ratio n'est cependant pas complétement étranger au "paquet" que l'Union européenne a souhaité ficeler en exigeant de la Suisse qu'elle participe non seulement au huitième programme-cadre de recherche proprement dit, mais aussi à la suite d'Euratom et du projet ITER. Ces deux volets représentent chacun 3 pour cent de l'ensemble des sommes demandées pour les sept années prochaines. Le projet ITER devrait cependant à terme, après sa phase de [PAGE 878] construction qui devrait s'achever vers 2018, n'atteindre plus que 1 pour cent de l'ensemble du budget.

Si nous, membres du groupe socialiste, ne sommes pas enthousiasmés par les grosses sommes consacrées à la recherche sur la fusion dans le projet ITER, nous ne nous opposons pas à ce projet, car c'est avant tout de la recherche fondamentale dont, par définition les résultats ne peuvent pas être prédits. Les retombées collatérales de telles recherches fondamentales peuvent être inattendues. Le développement d'Internet et celui de l'imagerie médicale moderne, qui découlent des recherches menées au CERN, en sont des exemples parlants. De plus, actuellement, des projets de cette envergure ne sont plus possibles sans une alliance internationale très large.

Il en va autrement d'Euratom et des projets de recherche qui pourraient encore être conduits dans le domaine de la fission.

Depuis la décision de la Suisse de sortir du nucléaire, nous sommes persuadés que nous devons assurer de bonnes conditions pour le "service après-vente" des centrales nucléaires encore en fonction jusqu'à leur démantèlement, et même au-delà. Recherche en radioprotection pour offrir les meilleures conditions et garanties à la population, gestion des déchets, démantèlement, de même que thérapies médicales liées à l'atome sont à promouvoir. Il est donc prioritaire et primordial de garder des chercheurs bien formés dans ces domaines.

Par contre, la Suisse peut, aux côtés d'autres pays qui ont aussi choisi de sortir du nucléaire, infléchir les programmes futurs d'Euratom. C'est dans ce sens que nous soutiendrons la proposition de la minorité Chevalley, pour encourager le Conseil fédéral, lors des prochaines négociations, à participer activement à une nouvelle définition des priorités d'Euratom dès 2018.

Nous vous encourageons donc à faire de même pour être en cohérence, dans ce dossier aussi, avec notre nouvelle politique énergétique.

Nous entrons en matière et soutiendrons la proposition de la minorité Chevalley.