Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2001-09-26
Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2001-09-26
Wortprotokoll
Je veux m'adresser de façon privilégiée à Mme Polla. Madame Polla, nous n'avons pas la même philosophie politique, mais je crois que malgré cela nous nous respectons parce qu'à l'occasion, sur des grands dossiers, notamment sur celui de l'Europe, nous savons nous retrouver. Mais alors, dans le cas précis, je ne peux pas partager votre enthousiasme et la divergence n'est presque pas politique, je dirai qu'elle est intellectuelle.
La proposition de la majorité de la commission, qu'est-ce qu'elle va amener? Elle va coûter plus de 300 millions de francs aux collectivités publiques et, d'un autre côté, elle ne va pratiquement rien amener aux entreprises. En effet, avec un bénéfice net de 200 000 francs, une entreprise, si cette proposition passe, va gagner 1000 francs par année. On sait aussi que la moitié des SA ne font aucun bénéfice, mais que 7 pour cent d'entre elles réalisent 95 pour cent des bénéfices. Donc, la conclusion est vite tirée. Qui va profiter de cela? Ce sont les grandes entreprises, ce sont les multinationales. Alors, dire qu'avec ça on va aider les PME, c'est une perversion de l'idée de départ; cela va tout à fait à fin contraire! Je crois qu'il faudrait quand même, Madame Polla, vous qui êtes membre d'un parti plus proche que le mien des milieux économiques et financiers, réfléchir de manière approfondie à ces questions.
Et puis, autre argument: dans l'Arc jurassien, depuis vingt ans, il y a des politiques de promotion économique extrêmement vigoureuses qui sont menées. Est-ce que vous croyez que c'est avec des gadgets comme ça qu'on a fait venir chez nous des entreprises allemandes ou américaines, par exemple?
Je pense, pour ma part, que, pour améliorer la compétitivité de l'économie suisse, et en particulier celle des PME, il y a bien d'autres mesures à prendre: en particulier des mesures dans le domaine de la formation, dans celui de l'organisation du travail et aussi dans celui du développement des nouvelles technologies. Dans cette perspective, je ne suis pas opposé à ce qu'on en fasse davantage par exemple en matière de capital-risque, mais, alors là, il faut le faire de manière ciblée, et non pas avec un gadget qui, pour l'essentiel, va profiter aux plus grandes entreprises; et je crois que ce n'est quand même pas la mission de ce Parlement.