Rossini Stéphane · Nationalrat · 2013-03-06
Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-03-06
Wortprotokoll
Après le débat sur les admissions selon les besoins de ce matin, l'initiative populaire "Oui à la médecine de famille" remet sur le devant de la scène une double problématique: d'abord celle de la démographie médicale, de manière générale; et ensuite la problématique de la médecine de famille, en particulier. Le sujet est très [PAGE 85] important et nous devons nous méfier des caricatures et des slogans simplistes. La chose est très sérieuse dans l'optique de mener une politique de la santé qui soit crédible.
Les questions posées par cette initiative populaire renvoient à l'allocation des ressources et à la qualité de notre système de santé. Cette initiative nous pousse aussi à tenir compte de certains principes fondamentaux qui sous-tendent la gouvernance du système de santé, ceux de la solidarité et de l'égalité des traitements, par exemple. Ces principes doivent être discutés, notamment par rapport à l'offre de prestations et par rapport à l'accès aux prestations de santé.
Autre principe évoqué: celui du service public. Plusieurs oratrices et orateurs ont jusqu'à présent évoqué la dimension libérale du domaine de la santé. Oui, nous sommes dans un système particulier: fédéraliste - ce qui va nous poser des problèmes de mise en oeuvre de cette initiative - et libéral. Cette dimension libérale est complétée par un instrument central, la régulation. Nous sommes dans un système de santé libéral mais régulé. Cela est déterminant, notamment - nous l'avons vu ce matin - parce que dans les villes, il y a pléthore de spécialistes, mais dans les régions périphériques, il y a pénurie, ou risque de pénurie, de médecins généralistes. C'est un réel problème. Cette pénurie, ou ce risque de pénurie, aura des conséquences négatives sur la qualité des prestations.
On ne peut pas sous-estimer la faible attractivité de la médecine générale: travailler seul, au fond de certaines vallées, assumer des gardes, être à disposition 24 heures sur 24. On ne peut pas sous-estimer la féminisation de cette profession, ni le développement du travail à temps partiel. Par conséquent, s'il vous plaît, ne balayons pas d'un revers de main ces soucis, ces préoccupations fondamentales.
En 1991, dans un ouvrage que j'avais cosigné avec les professeurs Gilliand et Menthonnex, nous mettions le doigt sur le problème de l'absence de démographie médicale, sur l'absence de vision, de construction d'une réflexion et d'un plan d'action autour de ces problèmes. 22 ans plus tard, la réalité nous rattrape, tous les débats de cette matinée le confirment. Ce que j'aimerais dire ici, c'est que la démographie médicale doit prendre sa place dans la réflexion sur la politique de la santé et que, dans cette place, la Confédération doit jouer un rôle majeur en complémentarité avec les cantons. Il faut aujourd'hui éviter que la Confédération reste en marge de ce débat, car elle seule peut avoir une vision d'ensemble et coordonner l'ensemble des démarches qui sont nécessaires pour que, véritablement, nous puissions favoriser, dans les régions périphériques, l'installation de nouveaux médecins de famille.
Malgré la complexité institutionnelle et une initiative populaire au texte formulé de manière peu adéquate et qui provoque une révolution dans la répartition des compétences, dans ce débat-là, il faut que l'on puisse véritablement donner des impulsions centrales, et ce avec le contre-projet et surtout avec le plan directeur. On ne vit pas, on ne se nourrit pas d'un article constitutionnel. Par contre, je crois qu'une collaboration Confédération/cantons, notamment avec le plan directeur, permettra de résoudre des problèmes concrets avec des solutions réalistes et faisables.
Je vous remercie donc de soutenir le contre-projet et de recommander également de soutenir, parce que c'est important, l'initiative populaire.
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Die Beratung dieses Geschäftes wird unterbrochen
Le débat sur cet objet est interrompu