de Buman Dominique · Nationalrat · 2012-06-12
de Buman Dominique · Nationalrat · Freiburg · Fraktion CVP-EVP · 2012-06-12
Wortprotokoll
Le temps qui est réservé par la procédure parlementaire à la défense des interventions ne doit certainement pas servir à répéter d'une autre manière ce que vous avez pu lire dans des textes qui datent souvent de plusieurs mois, voire de plusieurs années. La motion que j'ai déposée en 2010 était la reprise, autrement formulée, d'une première intervention déposée en 2008 - motion 08.3438. Cette motion concerne les fameux sacs plastiques, non pas tous les sacs plastiques, mais ceux que l'on appelle "sacs de caisse", ces petits sacs blancs que tous les vidéoclips du monde vous montrent et qui abîment l'environnement, qui ne sont pas récupérables et qui portent même souvent atteinte au monde animal, notamment au monde aquatique, parce que les animaux qui ingurgitent ces sacs en crèvent.
Et ce n'est pas une mince affaire, peut-être pas forcément en Suisse où nous avons une haute notion de l'environnement que nous préservons de différentes manières, mais dans les pays où la prise de conscience environnementale a eu lieu beaucoup plus tardivement. Et c'est peut-être dans ces pays-là, menacés par une crise gravissime d'atteinte à l'environnement, que l'on a pris les mesures les plus sévères par rapport à ces sacs en plastique.
Si la motion a été déposée en 2010, elle doit à tout le moins faire l'objet d'une réévaluation de la part du gouvernement. [PAGE 1069] On revoit des plans financiers, des décisions politiques et, malheureusement parce que la procédure et l'agenda du Parlement ne nous permettent pas de traiter à temps certaines interventions tirées de l'actualité, il y a des réponses du Conseil fédéral qui ne sont plus adaptées à des événements importants qui sont survenus.
Le 11 mars 2011, il n'y a pas eu que l'accident et le drame de Fukushima, mais subséquemment aussi un changement d'attitude du gouvernement, non seulement par rapport à la production d'électricité nucléaire, mais aussi par rapport à l'utilisation en tant que telle de toutes les ressources et matières premières de notre monde. Après coup, il est donc un peu choquant de lire la réponse du Conseil fédéral qui nous dit en quelque sorte: "Circulez, il n'y a rien à voir! Ce n'est pas si grave! Chez nous, ça ne va pas si mal." Et puis, on nous donne des arguments qui ne valent pas tripette parce que la valorisation des sacs plastiques n'est pas une utilisation saine d'une matière première qui doit être utilisée et amortie plus longtemps de manière à mieux tenir compte des ressources non extensibles de la planète.
Dans les pays où l'on a pris une mesure d'interdiction, parce que de temps en temps il faut bien prendre une telles mesure, on a des degrés de satisfaction qui vont jusqu'à 90 pour cent - c'est le cas de la France. On a pris cette mesure en Chine; récemment, on a pris des mesures analogues en Inde. Et je ne vais pas mentionner ici tous les cantons qui ont eu un comportement identique. Mais cela veut dire que la base de notre population a aussi pris conscience que l'on doit mettre un terme à des pratiques de haute conjoncture alors même qu'il y a des solutions de remplacement qui sont tout à fait pensables.
Ce que je vous demande aujourd'hui, c'est tout simplement d'honorer, par le comportement, un changement de stratégie vis-à-vis des matières premières et vis-à-vis de l'environnement. Certes, ces petits sacs en plastique, ces petits "sacs de caisse" ne sont qu'une minime part de la protection de l'environnement. Mais que dira-t-on à l'extérieur du Parlement? Que dira-t-on dans l'histoire si aujourd'hui nous prenons une décision négative alors même que l'on émet de grosses théories dans les sommets internationaux, notamment à "Rio plus 20"?
Je demande aujourd'hui à Madame la conseillère fédérale Leuthard, qui représente le département concerné, qui l'a repris en main et qui a une cohérence - on le sait - dans son comportement par rapport à la sortie du nucléaire, de moduler la réponse du Conseil fédéral et d'admettre qu'aujourd'hui, chaque pierre posée à l'édifice de l'environnement et du respect de la nature est un comportement juste par rapport à l'avenir. Ce qu'on demande aux politiciens, c'est d'être cohérents par rapport aux générations futures.