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Nidegger Yves · Nationalrat · 2012-12-05

Nidegger Yves · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2012-12-05

Wortprotokoll

En phase d'examen préalable de l'initiative parlementaire Miesch, "Lésions corporelles graves. Modification de l'article 122 CP", nous devons uniquement décider s'il y a un besoin d'agir ou non. Le 10 novembre 2011, lors d'un premier examen, votre commission a considéré qu'il fallait agir. La commission du Conseil des Etats est d'un autre avis.

Je vous demande de suivre la minorité de la commission, qui vous prie de soutenir la position que la commission avait adoptée à l'époque, indépendamment de la qualité du texte que propose l'ancien conseiller national Christian Miesch, et, partant, de donner suite à l'initiative.

Quelle est la problématique? Un phénomène extraordinairement choquant, que l'on voit se banaliser dans nos rues, qui est l'apparition de l'hyperviolence. C'est d'autant plus choquant que notre société, peut-être comme nulle autre auparavant, a ambitionné depuis dix ou vingt ans d'éradiquer complètement toute forme de violence, de ne plus faire la distinction entre la violence légitime, que l'on tolérait - les claques aux enfants ou les choses comme cela -, et la violence illégitime, et de bannir complètement tout acte de violence physique de l'espace.

La conséquence surprenante de ceci, c'est que la culture et le sens de la proportion qui accompagnaient l'usage de la violence quand celle-ci était tolérée à certaines conditions, ont totalement disparu. Des règles élémentaires telles que: "On ne frappe pas un enfant; on ne frappe pas une femme, même avec une fleur", disait-on, "on ne frappe pas un homme à terre", tout cela n'existe plus. Vous voyez aujourd'hui dans nos rues des gens balancer des coups de boots dans la figure et dans les côtes, dans le coeur et dans les organes vitaux de personnes couchées à terre, parfois des personnes âgées, au risque de les tuer. Ces accès de violence extrême surviennent sans aucune raison, sans aucun prétexte compréhensible, parfois dans un bus. Cette situation est horriblement choquante. Ce sont là des comportements de kapo, qu'on pensait avoir vu disparaître d'Europe depuis la fermeture des camps de concentration nazis, et qui se banalisent aujourd'hui dans nos rues.

Monsieur Miesch considère que les peines pour les lésions corporelles, qui sont infligées actuellement par les tribunaux, ne répondent absolument pas à ce nouveau standard de vie qui se banalise. Je vous demande, pour ce motif-là et indépendamment de la forme que prendra l'action législative par la suite, de donner suite à l'initiative en phase d'examen préalable, comme la commission l'avait déjà fait dans un premier temps, et malgré la position contraire prise entre-temps par la commission du Conseil des Etats.

Je vous remercie donc de soutenir la proposition de la minorité.