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Cassis Ignazio · Nationalrat · 2012-03-08

Cassis Ignazio · Nationalrat · Tessin · FDP-Liberale Fraktion · 2012-03-08

Wortprotokoll

Je ne répéterai pas les arguments qui ont déjà été exposés en faveur de cette loi qui veut amener de l'ordre et de la clarté dans le domaine de la prévention des maladies et de la promotion de la santé. [PAGE 309]

Je me permets simplement de faire part de quelques réflexions. Tout le monde est en faveur de la prévention mais pas de cette loi. C'est une attitude à la mode en ce moment. Tout le monde est en faveur du "managed care" mais pas de la loi que l'on votera en juin. Tout le monde est en faveur du contrôle des épidémies mais pas de la loi dont on discutera tout à l'heure. C'est comme si on disait que tout le monde est en faveur de la politique mais pas de notre politique. Il y a quelque chose de schizophrène dans cette attitude. C'est comme si on n'avait pas le courage de ses idées ou si on se bornait à des déclamations politiquement correctes mais sans rien vouloir changer en réalité.

Cela me rappelle le roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, "Il Gattopardo". Dans ce roman, on trouve la phrase célèbre "Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi!".

Autrement dit, il faut tout changer pour ne rien changer. De quoi a-t-on peur? De la toute-puissance de l'Office fédéral de la santé publique - que certains démagogues ont déjà renommé "Bundesamt für Gesundheitsterrorismus"? A-t-on peur d'une hégémonie culturelle salutiste qui finirait par nous dicter notre mode de vie? C'est autant d'irrationalité dans ce débat qui me rappelle la chasse aux sorcières et qui peint le diable sur la muraille.

A-t-on peur d'une excessive centralisation? Mais les cantons nous disent d'une seule voix qu'il faut soutenir la loi! A-t-on peur de freiner de manière secrète la croissance économique? Mais les milieux économiques nous ont écrit leur soutien à la loi! Avons-nous peur que l'administration devienne toute puissante et prenne le dessus sur le Conseil fédéral et le Parlement? Ce serait admettre que nous sommes incapables de faire notre travail, de surveiller le pouvoir exécutif et de le freiner dans ses dérives! N'est-ce pas un aveu d'impuissance?

La prévention existe. Nous investissons déjà aujourd'hui environ 1,5 milliard de francs par an. La loi ne crée rien de nouveau, n'augmente pas ce chiffre. Cette loi fait le ménage, définit qui fait quoi et oblige la Confédération, les cantons et les tiers, milieux économiques inclus, à définir une stratégie nationale pour piloter efficacement les dépenses faites avec l'argent du contribuable; une tâche "urliberal" comme diraient nos amis alémaniques. L'esprit libéral qui m'habite m'oblige à amener de la rationalité dans un secteur qui, aujourd'hui déjà, a un poids économique important; un secteur, celui de la prévention, qui doit être en mesure de diminuer la charge des maladies dans notre société avec pour conséquence des bénéfices pour la qualité de vie des individus et pour les coûts de la santé.

Etre pour la prévention et contre cette loi représente à mes yeux un conflit antinomique, une "contradictio in terminis".

Le Parti libéral-radical s'est exprimé clairement en faveur de cette loi, même, comme vous le verrez, si le groupe ne la votera pas de manière compacte. Par conséquent, je vous invite à soutenir l'entrée en matière.