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Germanier Jean-René · Nationalrat · 2014-03-05

Germanier Jean-René · Nationalrat · Wallis · FDP-Liberale Fraktion · 2014-03-05

Wortprotokoll

Notre pays est un pays prospère où les prestations de santé ont atteint un niveau d'excellence de premier ordre. Nous nous en réjouissons et les Suisses, d'ailleurs, se déclarent satisfaits de notre système de santé. Mais notre pays est aussi un îlot de cherté au coeur de l'Europe. Les cartels, les monopoles, le manque de concurrence sont des éléments qui contribuent indiscutablement à ce que les Suisses payent plus cher leur consommation. Et c'est le cas aussi pour la santé.

Si l'initiative populaire "pour une caisse publique d'assurance-maladie" aboutissait, elle générerait une grande machine étatique, remplaçant un secteur d'activité qui aujourd'hui voit une saine concurrence jouer son rôle au bénéfice des usagers.

Le modèle de caisse unique est mauvais parce qu'il introduit des conflits d'intérêts au niveau de la Confédération, qui serait à la fois législatrice, assureuse, avec des cantons responsables des prestations. Les pouvoirs publics feraient tout et les consommateurs seraient captifs d'un système étatique. Il ne serait plus possible de changer d'assurance. Ce modèle sans concurrence aboutirait automatiquement à une hausse des prix et à une baisse de la pression sur les coûts de la santé. Aujourd'hui, sur 100 francs que nous payons pour notre caisse-maladie, il y 5 francs consacrés aux frais administratifs des assurances, alors que 95 francs, bien sûr, sont nécessaire pour couvrir les coûts des soins. En évoquant cette proportion, on constate rapidement, que la lutte pour la maîtrise des coûts se situe au niveau du contrôle des prestations - les hôpitaux, les médicaments et toutes les prestations. Et même si l'on réduisait de 20 pour cent les frais administratifs, cela ne représenterait qu'un franc sur 100 francs cotisés.

C'est la troisième fois en onze ans que nous sommes obligés de discuter d'un changement fondamental de la gestion de notre système de santé. C'est le résultat d'une vision dogmatique issue d'un programme politique du parti socialiste, une vision de la société où l'Etat est l'acteur unique et monopolistique qui tient tous les rôles. Nous ne partageons pas cette vision. Et ce dont je suis sûr, c'est qu'aucune économie n'est à attendre de ce modèle. Le Conseil fédéral le dit d'ailleurs dans son message: la caisse unique ne réduira pas les coûts. Je pense même le contraire: un oui à cette initiative serait irrémédiablement un oui à l'augmentation des coûts de la santé. C'est donc avec conviction que je m'opposerai à cette initiative.