Freysinger Oskar · Nationalrat · 2012-05-29
Freysinger Oskar · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2012-05-29
Wortprotokoll
Nous parlons ici d'un sujet que nous avons déjà traité dans ce Parlement: il s'agit de la chasse aux phoques et aux bébés phoques en particulier, une chasse qui, par définition, est cruelle. Sur vos ordinateurs, vous avez pu, je pense, suivre un peu la procédure: soit on tire les phoques sur le bateau à l'aide d'un crochet que l'on enfonce dans leur museau, soit on leur arrache la peau lorsqu'ils sont encore vivants. C'est de toute manière un procédé parfaitement indigne de la race humaine. Ce n'est pas la dignité de l'animal qui est en jeu ici, mais c'est celle de l'être humain qui tue des animaux d'une telle manière. Cette chasse, nous fait-on croire, serait une régulation de l'espèce, ce qui est absolument faux: il s'agit d'une chasse purement commerciale pour les peaux, car la viande est laissée sur place ou jetée à l'eau. Il s'agit donc uniquement d'une chasse commerciale et non pas de régulation.
Le nombre de phoques est en diminution sur la banquise en raison également de la fonte de celle-ci. On parle de 75 pour cent de phoques nouveau-nés qui se sont noyés en 2010 dans le golfe du Saint-Laurent, ce qui est dû à cette réduction de la banquise. Les défenseurs de la chasse disent qu'il faut tuer le phoque puisqu'il y a une diminution des bancs de morues. Permettez-moi d'en rire, parce que le règne animal est très bien fait: il y a une régulation entre les prédateurs et les animaux qu'ils mangent. Dès le moment où ils manquent de nourriture, le nombre de prédateurs diminue. Quand on constate que l'Union européenne, avec ses énormes bateaux pour la pêche industrielle, est en train d'avoir des disputes juridiques avec le Canada parce que les pêcheurs professionnels vont jusque-là pour pêcher tellement ils ont vidé les fonds marins, venir me dire que ce sont les bébés phoques qui sont responsables de la diminution des bancs de morues, c'est quand même relativement comique.
366 000 phoques étaient massacrés chaque année avant 2009, et nous constatons que l'interdiction d'importation promulguée par l'Union européenne a eu des effets puisqu'en 2009 le nombre de phoques massacrés n'est plus que de 74 200, en 2010 de 67 000, et en 2011 le nombre a baissé jusqu'à 38 000. On voit donc une diminution constante. L'efficacité de cette mesure est donc avérée.
En ce qui concerne l'aspect juridique et commercial: suite à l'interdiction promulguée par l'Union européenne, la Biélorussie, la Russie et le Kazakhstan ont suivi et ont également décidé une interdiction d'importation, alors que la Russie était jusque-là le plus grand marché de ce genre de produits.
Pourquoi la Suisse devrait-elle se joindre à cette décision? Parce qu'il y a un risque de déplacement du commerce vers la Suisse, qui deviendrait une fenêtre commerciale pour ce genre de produits. On pourrait entrer dans l'Union européenne de manière détournée en utilisant la Suisse, car l'importation pour l'usage privé reste possible dans l'Union européenne.
Au Canada, il y a actuellement un stock de 400 000 peaux sans repreneur. Il a fallu que l'Etat finance une entreprise pour traiter 100 000 peaux pour avoir de la place de stockage pour la future chasse. Imaginez donc! On ne ferait qu'augmenter ce stock qui ne trouve pas repreneurs si l'on continue à permettre cette chasse.
Ici, il faut aussi relever que les produits issus de la chasse traditionnelle des Inuits et autres communautés indigènes ne sont pas concernés par l'interdiction. Il est clair que les Inuits qui utilisent la viande, qui utilisent les os, qui utilisent la peau, etc. ne doivent pas être touchés et ne le sont pas par cette interdiction.
Le Canada a prétendu qu'il allait déposer plainte auprès de l'OMC contre l'Union européenne et les pays qui avaient promulgué une interdiction. A ce jour, il n'a rien fait et il ne fera rien, pour la simple raison que c'est financièrement très peu rentable puisqu'une telle plainte lui coûterait 10 millions de dollars, alors que la chasse des phoques a rapporté l'année passée - tenez-vous bien! - 1 million de dollars. D'ailleurs, le nombre de chasseurs a diminué progressivement, passant de 6000 à 250. C'est donc un phénomène très restreint qui touche économiquement très peu de monde, mais cela reste quand même une pratique cruelle qui n'est pas digne de l'être humain.
Par le passé, l'interdiction a été votée par ce conseil. Elle a été acceptée largement par le Conseil national et même à l'unanimité par la commission. Malheureusement, elle a été rejetée avec un écart de 3 voix par le Conseil des Etats. Maintenant, cet objet est revenu à la commission du Conseil national, où le fait de suivre l'Union européenne en matière d'interdiction des produits de phoques issus de la chasse commerciale a été accepté à l'unanimité.
Donc, je vous demande de suivre votre commission qui a décidé de suivre la position de l'Union européenne dans ce dossier. Puisque c'est un membre de l'UDC qui vous le dit, vous pouvez quand même y accorder foi!