Ruey Claude · Nationalrat · 2011-09-22
Ruey Claude · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2011-09-22
Wortprotokoll
C'est vraiment un peu désespérant. Est-ce que nous serons capables de sortir des blocages, de sortir des partis pris idéologiques? Nous le savons, le monde de la santé est un monde complexe: il y a des médecins, des soignants, des économistes, des administratifs, des techniciens, des assureurs, des politiques aussi. C'est interdisciplinaire, c'est difficile. Et puis, le monde de la santé, ce n'est pas n'importe quoi: se jouent la douleur, le sens de la vie, la mort. Evidemment, il n'est pas étonnant qu'il y ait de l'émotionnel dans ce domaine, il n'est pas étonnant qu'il y ait des intérêts contradictoires qui traversent ceci, ou des visions différentes qui existent.
Mais tout de même! Et je le dis à la minorité: est-ce qu'on ne peut pas sortir des stéréotypes? Est-ce qu'on ne peut pas sortir des vieilles querelles? Avez-vous lu l'article de Monsieur Urs Gasche - ce n'est pas la droite qui vous le dit, c'est Monsieur Urs Gasche, qui écrit: "Die SP ist gesundheitspolitisch krank." Est-ce qu'on pourrait se guérir de cette maladie? Le bien-être de nos concitoyens, l'amélioration de la qualité de la prise en charge des patients méritent, me semble-t-il, qu'on soit capable de dépasser ces disputes. Et avec le projet de réseaux de soins intégrés! Vous avez vu le numéro de ce projet? Il date de 2004, ce projet!
Nous avons l'occasion de démontrer que la santé et les soins qu'on donne à nos concitoyens ont la priorité sur les querelles politiciennes! Or c'est ce que nous avons fait en commission. D'abord en sous-commission, où nous nous sommes écoutés les uns les autres, où nous avons fait des pas les uns vers les autres, en commission aussi, et finalement aussi en Conférence de conciliation. Personne ne peut dire que c'est son projet; le projet a été concocté parce que nous avons rapproché nos points de vue, nous avons fait des concessions mutuelles et, finalement, ce projet est un bon projet.
Bien sûr, il n'y a pas l'"Angebotspflicht", mais vous avez vu qu'il y a dans les dispositions transitoires précisément une garantie que s'il n'y a pas de réseaux dans l'ensemble du pays, on trouvera des solutions.
On a accepté que les réseaux de soins intégrés, qui entre-temps ont pourtant été créés par beaucoup d'assureurs-maladie, deviennent indépendants dans les cinq ans à compter de la mise en vigueur des modifications de loi. On a accepté que la quote-part - "Selbstbehalt" - ne soit plus 10 pour cent/20 pour cent, mais 10 pour cent/15 pour cent - ce qui est quand même possible - avec des plafonds à 500 francs et 1000 francs.
On a là un projet qui est centré sur le patient: on aimerait que tout se coordonne pour le soigner le mieux possible. On prévoit des incitations à la création de réseaux réfléchis et non pas artificiels. Et enfin on améliore - et c'est aussi une revendication que j'ai entendue bien souvent dans les milieux de gauche - la compensation des risques, en [PAGE 1622] prévoyant la possibilité de mieux prendre en charge les malades chroniques.
Alors, de grâce, faisons un pas vers la médecine de premier recours, vers les médecins de famille, parce que c'est de cela qu'il s'agit. Il ne faut pas le dire seulement dans les slogans, il faut le faire en disant oui à ce projet.