AB 155018
Menétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2006-12-20
Wortprotokoll
Dans sa première version, la commission était d'accord d'inclure dans cet article les projets pilotes de "drug testing", mais vu que le Conseil fédéral n'en a pas voulu, la majorité de ses membres a prudemment battu en retraite. C'est dommage. Le groupe des Verts soutient par conséquent la proposition de la minorité Teuscher.
Tous les professionnels qui travaillent sur le terrain le diront, le principal problème, vu l'évolution des modes de consommation, c'est de pouvoir atteindre les jeunes qui fréquentent les milieux festifs et qui sont confrontés à une offre sauvage de drogues à la mode: ecstasy, cocaïne, GHB, MDMA, etc. Il est pratiquement impossible d'entrer en contact avec eux, et surtout avec ceux qui sont le plus à risque, autrement que par cette présence en marge de la fête. Sinon, on peut toujours dire à toutes les pages de la loi qu'on veut protéger la jeunesse: cela ne sert strictement à rien si on ne se trouve pas là où est la jeunesse et si on ne répond pas à ses préoccupations.
Je crois qu'il faut absolument sortir des schémas tout faits, des schémas du passé. Pour les jeunes, les drogues ne se présentent pas de la manière dont certains d'entre vous le croient. Ce n'est pas un dealer avec un grand manteau noir à la porte des écoles qui offre un shoot d'héroïne. La rencontre est souvent beaucoup plus banale, plus festive et aussi par conséquent plus pernicieuse.
Et puis, la prévention, ce n'est pas non plus la leçon donnée par le policier de la brigade des stupéfiants en classe. Il faut être, là aussi, beaucoup plus subtil dans l'approche des jeunes. Ces derniers sont tentés par l'expérimentation, mais ils ne sont pas fous. Ils ont de nombreuses questions à poser. Il faut donc une présence et des réponses adéquates, ici, maintenant, dans la situation où ils se trouvent et dans les situations à risque.
C'est exactement ce que fait par exemple le projet bernois Prevtech. Son laboratoire mobile fréquente assidûment les milieux de la techno avec un impact très positif auprès des [PAGE 2017] jeunes: aucun produit n'est testé sans que le demandeur doive répondre préalablement à des questions; aucun résultat n'est donné par écrit; aucune réponse n'est apportée sans un moment de dialogue.
J'ajouterai que cette possibilité de tester les produits peut aussi parfois être simplement une question de survie. Ces tout derniers temps, les médias nous ont appris par exemple que l'on trouve sur le marché du cannabis mélangé à des particules de verre. Lors des manifestations festives où les jeunes se précipitent en nombre, ils peuvent rencontrer des produits qui sont parfois totalement frelatés et qui dans le meilleur des cas contiennent 0,0 pour cent de substances actives, mais dans le pire des cas comportent des mélanges extrêmement dangereux, voire mortels. Donc, l'information des consommateurs est simplement une question de salubrité publique.
C'est pourquoi nous vous demandons de soutenir la proposition de la minorité Teuscher.