Neirynck Jacques · Nationalrat · 2014-06-03
Neirynck Jacques · Nationalrat · Waadt · Fraktion CVP-EVP · 2014-06-03
Wortprotokoll
Tout d'abord, dans l'intervention de Monsieur Lohr, il ne faut pas tenir compte du problème du handicap. On ne parle pas ici de handicap, on en parlera plus tard. Ce sera un autre débat. Le débat ici est un débat sur la vie ou la mort. C'est relativement simple, c'était très bien dit par Madame Chevalley. Est-ce que concrètement, dix fois par an en Suisse, les médecins doivent aller vers des parents dont un enfant est en train de mourir, leur dire: "Nous avons une solution, la loi suisse nous l'interdit. Vous avez les moyens: allez à l'étranger." Est-ce acceptable? Je suis père de cinq enfants, grand-père de sept petits-enfants. Si le cas se présente chez moi, je n'hésite pas un seul instant. Et je ne crois pas qu'il y ait dans cette assemblée une seule personne qui hésiterait. C'est une question de vie ou de mort.
Je voudrais encore rencontrer l'argument qui était utilisé, celui de la dignité de l'embryon. Mais est-ce que la dignité de l'enfant qui vit n'est pas supérieure à la dignité de quelques cellules? Quand on parle de la dignité de l'embryon, on tombe dans une croyance philosophique qui remonte aux Grecs et qui est celle de Platon. Dès qu'il y a conception, il y aurait une âme invisible qui est injectée à l'intérieur du corps. C'est une croyance philosophique, ce n'est pas une croyance religieuse. La croyance religieuse est opposée. Elle dit: l'homme est corps et âme indissolublement liés. Sans système nerveux et sans cerveau il n'y a pas de conscience. De toute façon, dit-on, des embryons sains seront détruits. Eh bien, dans la sélection pour lutter contre une maladie transmissible par hérédité, il y aura aussi des embryons sains qui seront développés. On ne peut pas espérer développer huit ou douze ou quinze embryons et que parmi eux, il n'y en ait qu'un seul qui soit sain. Je voudrais dire simplement ceci: je préfère - c'est ce que j'ai dit à la fin de mon intervention - un enfant vivant à un enfant mort. Mais je conçois qu'il y ait des gens qui préfèrent l'opposé.