Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2013-03-12
Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2013-03-12
Wortprotokoll
Le groupe des Verts vous demande d'adopter la proposition de la minorité Jans et d'apporter votre soutien à cette initiative.
La différence entre cette initiative et la Stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral n'est qu'une différence de tempo, mais cette différence est décisive. L'initiative concerne à la fois le domaine de l'électricité et celui des combustibles et des carburants. Or, dans ces deux domaines, une émancipation rapide, tant du nucléaire que des énergies fossiles, est capitale. Nous commémorions hier l'accident nucléaire de Fukushima, dont les suites continuent à maintenir plusieurs centaines de milliers de personnes loin de chez elles, ont contaminé et détruit les bases économiques d'une vaste région et soumettent aujourd'hui encore des milliers de personnes à des radiations.
Nous avons pris en Suisse la décision de sortir du nucléaire tout en nous émancipant des énergies fossiles pour des raisons économiques et de protection du climat. Pourtant, la Stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral ne fixe aucune date pour la mise hors service des vieilles centrales nucléaires existantes, exposant la population à un risque inacceptable. Cette absence de planification est un encouragement à la prolongation de la production par des installations obsolètes et dangereuses d'une énergie dont les Suisses ne veulent plus. Ce n'est qu'en nous fixant un objectif suffisamment ambitieux en matière d'efficience énergétique, d'économie d'énergie et de production d'électricité propre que nous pourrons débrancher nos centrales [PAGE 196] nucléaires après un délai de fonctionnement respectant les exigences de sécurité les plus élémentaires. Dans cette perspective, l'initiative cleantech est le complément indispensable à l'initiative des Verts "pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire", qui vise justement à introduire un tel délai de fonctionnement dans la Stratégie énergétique 2050.
Du point de vue de l'émancipation des énergies fossiles, le même raisonnement est valable. La Stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral, en refusant de déterminer une limite à la production d'énergie nucléaire et en prévoyant un développement trop lent des énergies renouvelables, laisse la porte ouverte à la construction de centrales à gaz, contredisant ainsi sa politique climatique. Nous avons besoin d'un développement rapide de la production d'électricité verte car nous ne nous émanciperons pas du pétrole sans l'électromobilité.
Les deux scénarios énergétiques des Verts l'ont clairement montré: même dans le cas de l'application de mesures très exigeantes en matière d'efficience et d'économie d'énergie, nous ne parviendrons pas à réduire notre consommation d'électricité dans les années à venir du fait du développement des transports publics et des voitures électriques. Dès lors, une fois encore, la définition d'un objectif ambitieux pour les énergies renouvelables - l'efficience et les économies d'énergie -, est incontournable.
Cet objectif ambitieux s'impose enfin d'un point de vue économique. Si la Suisse prétend sérieusement devenir un leader dans le domaine des technologies propres - ce que le Conseil fédéral a affirmé dans son contre-projet indirect répondant à l'initiative des Verts pour une économie verte -, elle doit s'en donner les moyens. C'est en innovant avant les autres et non en leur faisant suite que l'on s'empare d'un marché. Pour rappel, la Suisse prévoit d'atteindre en 2035 un pourcentage de 17 pour cent d'électricité renouvelable hors hydroélectricité. Un tel objectif est en passe d'être atteint en Allemagne. Nous avons donc près de vingt ans de retard sur notre voisin, et ce n'est pas ainsi que nous serons concurrentiels. La détermination d'un objectif tel que proposé par l'initiative cleantech qui devrait être complété par un délai pour la fermeture de nos vieilles centrales permet au contraire de planifier les investissements et donnera un nouvel élan à notre économie permettant notamment la création d'emplois dans les régions périphériques.
Cessons donc d'être timorés et assumons nos décisions jusqu'au bout. Nous avons l'ambition de sortir du nucléaire. Nous avons l'ambition de nous émanciper des énergies fossiles, nous avons l'ambition de devenir les leaders des technologies propres. Il s'agit maintenant de nous en donner les moyens. Dans ce sens, je vous prie de soutenir la proposition de la minorité Jans.