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Favre Charles · Nationalrat · 2011-09-20

Favre Charles · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2011-09-20

Wortprotokoll

La situation économique en Suisse est difficile. Elle l'est aujourd'hui et il y a fort à parier qu'elle le sera encore l'année prochaine. Les causes sont essentiellement externes: un endettement des pays de l'OCDE - que ce soient les Etats-Unis ou des pays de l'Union européenne - causé par des politiques irresponsables menées pendant des années, des politiques d'endettement notamment pour les pays européens que nous connaissons. A ceci s'est ajoutée la crise bancaire. Ces politiques ont été irréalistes, et aujourd'hui les réactions sont probablement largement insuffisantes. Notamment, les messages donnés par l'Union européenne sont extrêmement contradictoires et les mesures prises dans des pays tels que la Grèce, l'Italie, voire l'Espagne sont insuffisantes.

Les conséquences de tout ceci, nous les connaissons, à savoir la panique des marchés, la recherche de valeurs refuges comme le franc suisse et l'or, puis, pour couronner le tout, la spéculation. Tout ceci nous pose problème, puisque cela met en danger notre marché d'exportation. Et nous savons quelle est l'importance du marché d'exportation pour notre pays - que ce soit l'exportation que j'appellerai traditionnelle ou le secteur du tourisme qui est à mettre en parallèle avec ce marché d'exportation.

La situation intérieure est nettement meilleure puisque nos paramètres internes sont bons au niveau de la consommation interne, au niveau de la capacité économique de notre pays. Dès le moment où les problèmes sont essentiellement externes - comme je viens de le dire -, les mesures à prendre pour notre pays sont tout à fait limitées et nous devons rester humbles face à toutes les idées qui "fleurissent" - nous en avons entendues hier, nous en entendons aujourd'hui. Il faut véritablement "mesurer" ces quelques idées.

Là-dessus s'ajoute l'ampleur de la pression sur le franc, qui est le résultat de la différence entre la situation de notre pays et la situation des pays qui nous entourent. Dès le moment où cette pression est extérieure, les mesures que nous pouvons prendre sont, je le répète, limitées.

Alors regardons quelles sont ces différentes mesures. Je crois qu'il faut bien différencier les actions que nous pouvons mener à court terme, qui doivent être précises et ciblées, avec comme but essentiel le maintien des emplois, voire la création d'emplois durant cette période. Là, nous devons saluer la flexibilité de notre marché du travail.

Ces mesures ne doivent pas rendre difficile la situation - bonne - de notre pays. A ce sujet, nous saluons le système du frein à l'endettement, qui a permis d'éviter les dérives dont j'ai parlé. Nous devons faire attention que ces mesures ne soient pas néfastes pour la situation de notre pays ou pour celle de la Banque nationale suisse à moyen et à long terme. Nous saluons donc l'idée d'un taux de change plancher de 1,20 franc pour 1 euro. Il n'y a pas de risque d'inflation aujourd'hui; c'est peut-être même la déflation qui nous menace. La mesure est efficace, ces derniers jours l'ont démontré.

Dans les mesures à court terme, nous devons mettre des moyens à disposition pour, par exemple, le chômage partiel. C'est là une méthode qui a fait ses preuves, qui permet de garder le savoir-faire dans l'entreprise et qui est, je dirai, idéale - ou la moins mauvaise - pour passer des caps difficiles.

Dans les actions à moyen terme, il faut souligner que la Suisse a la chance d'affronter cette crise avec une situation financière saine grâce aux politiques qui ont été menées dans notre pays durant les dernières années, notamment pour éviter l'endettement. La Suisse peut donc saisir les opportunités qu'il y a dans toute crise et investir dans les secteurs qui en ont le plus besoin.

Parmi ces opportunités, il y a le domaine des infrastructures. Pour faire un peu de régionalisme, je tiens à rappeler la nécessité de construire des infrastructures dans l'Arc lémanique, région qui connaît un développement économique très [PAGE 1512] important. Les infrastructures devraient suivre, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui dans les secteurs routier et ferroviaire. Il y a également les infrastructures dans le domaine du tourisme. Il faut saluer les efforts qui sont prévus au niveau du crédit hôtelier. Il y a également des moyens à allouer à la formation et à l'innovation - au niveau de la Commission pour la technologie et l'innovation, de la recherche - et, dans le secteur touristique, à Innotour.

Un sujet nous tient à coeur, à nous libéraux-radicaux, à savoir la nécessité d'alléger les charges administratives et fiscales, en particulier en prévoyant des simplifications sur les plans précités pour toutes les nouvelles entreprises qui se lancent sur un marché difficile.

En définitive, nous soutenons la politique du Conseil fédéral et nous accepterons toutes les propositions qui vont dans le sens d'une amélioration des conditions générales qui favorisent le développement de nos entreprises. Dans cette situation de crise, il faut savoir saisir ces opportunités. Les opportunités aujourd'hui, c'est simplifier notre système administratif et fiscal et créer des emplois.