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Comte Raphaël · Ständerat · 2014-06-13

Comte Raphaël · Ständerat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2014-06-13

Wortprotokoll

L'enseignement des langues revêt une grande importance pour la cohésion nationale et un certain nombre de discussions et de propositions qui sont actuellement présentées dans certains cantons alémaniques suscitent une profonde inquiétude, particulièrement en Suisse romande, quant à l'enseignement de la langue française qui est fait dans ces cantons.

Naturellement, les cantons disposent de la compétence principale en matière d'enseignement, c'est d'ailleurs reconnu par la Constitution, mais elle implique des responsabilités, notamment celle d'oeuvrer en faveur de la cohésion nationale et de favoriser l'enseignement des langues nationales. La Confédération conserve une compétence subsidiaire qu'elle pourrait être amenée à utiliser dans ce cadre.

Pour ma part, je ne souhaite pas vivre dans un pays où, lorsque des membres de différentes communautés linguistiques se rencontrent, les personnes se parlent en anglais. Nous devons favoriser nos langues nationales et non des langues plus internationales. Nous devons conserver nos langues nationales comme moyen de communication entre nous et maintenir l'anglais pour nos relations internationales.

Il est d'autant plus important de soutenir l'enseignement des langues nationales que nous vivons dans un pays où la démocratie directe est très développée et où nous avons donc un besoin particulier de nous parler et de nous comprendre. La langue n'est pas un simple outil de communication. Elle est une partie de notre identité, de la culture de chaque région, mais aussi de l'identité et de la culture de notre pays.

Je souhaite remercier le Conseil fédéral pour sa réponse, qui permet de confirmer deux points, d'une part, que les outils existent, habilitant la Confédération à intervenir si certaines décisions devaient être prises dans certains cantons et, d'autre part, que le Conseil fédéral est prêt à utiliser ces outils. Il ne suffit pas d'avoir des outils à disposition, encore faut-il avoir envie de s'en servir et je sens dans la réponse du Conseil fédéral une réelle volonté de faire usage de ces instruments, si la nécessité s'en faisait sentir.

Le Conseil fédéral mentionne dans sa réponse que 2015 sera une année cruciale et que l'on pourra tirer un bilan, afin de voir si des mesures seront nécessaires. Je tiens donc à profiter de cette intervention pour préciser le sens et l'objectif de mon interpellation. Très clairement, pour moi, si un canton venait à franchir le Rubicon, puisqu'on en est aujourd'hui au stade des discussions et des réflexions, j'attends de la part du Conseil fédéral qu'il agisse et qu'il l'empêche de porter atteinte à notre cohésion nationale.

Pour moi, il s'agit là d'un précédent qu'il faut à tout prix éviter. Je pense qu'il est plus facile d'éviter d'affaiblir la cohésion nationale, plutôt que de la renforcer si une atteinte lui est portée.

Je suis satisfait d'entendre que le Conseil fédéral met l'accent, dans le message culture 2016-2019, sur la promotion des langues nationales. J'invite le Conseil fédéral à continuer de suivre le dossier avec attention, à poursuivre ses travaux sur ce dossier et à véritablement utiliser tous les moyens qui sont à sa disposition si un canton venait à prendre une décision contraire à la cohésion nationale. La cohésion nationale n'est pas juste un thème pour des discours du 1er août, elle doit être vécue au jour le jour, et je pense que la langue en est un facteur fondamental.