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Recordon Luc · Ständerat · 2014-09-15

Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2014-09-15

Wortprotokoll

Le principal mérite de la réponse du Conseil fédéral est double. D'une part la réponse est brève, et d'autre part elle est courte. En revanche, sur le plan du contenu, nous pouvons nous montrer un peu moins enthousiastes. Ce qui est intéressant, c'est qu'un rapport sera prochainement publié en tant que mise en oeuvre du postulat Graf-Litscher 14.3532, "Administration fédérale et logiciels ouverts. Etat des lieux et perspectives". Je souhaite vivement que l'on confirme la stratégie antérieure et qu'on explique comment on va la développer.

De la frilosité transparaît dans la partie de la réponse qui nous a été livrée par le Bureau, et ces éléments précis me paraissent assez discutables. Je pense, au contraire, que l'on devrait songer à ce que le Parlement utilise progressivement aussi des logiciels libres. D'abord, ce n'est pas tout à fait original, puisqu'un grand nombre d'institutions de taille considérable utilisent de tels logiciels, par exemple la gendarmerie française, le Tribunal fédéral, etc. Qu'il y ait des problèmes laborieux d'intégration ou d'interaction, notamment au niveau des interfaces, comme cela a été dit, ou qu'il y ait des besoins en matière de formation et d'assistance, je n'en doute pas. Mais je crois que tous les usagers de l'informatique, dans ce Parlement ou ailleurs, savent que de toute façon c'est laborieux, que les changements sont considérables et qu'ils induisent des coûts importants chaque fois que l'on passe d'un système à un autre.

Avec les systèmes d'exploitation et les applications les plus classiques - ceux de Microsoft, les plus développés et les plus répandus, notamment ceux que nous avons ici au Parlement -, chaque fois que l'on passe d'une version à une autre, on est pieds et poings liés et obligés de suivre ce que propose le fabricant de logiciels et, tôt ou tard d'ailleurs, on devra changer les appareils pour pouvoir continuer à utiliser un nouveau système d'exploitation et de nouveaux logiciels.

Ce type de contraintes est nettement moins courant avec les logiciels libres, pour lesquels on peut opter pour un degré d'évolution ou un autre sans risquer de se retrouver sans rien à disposition, et ceci est extrêmement important. Par ailleurs, si on forme le personnel, celui-ci suivra au fur et à mesure les améliorations et pourra décider d'adopter celles qui sont arrangeantes et refuser celles qui sont dérangeantes. La communauté des utilisateurs de système d'exploitation et de logiciels sous licence libre est ainsi connectée qu'elle met à la libre disposition de toutes et de tous toutes les modifications et améliorations réalisées par ses "membres".

La question des coûts est réelle parce que, si l'on veut passer d'un système à un autre, on doit payer quelque chose. Mais, tôt ou tard, nous allons devoir passer de toute façon d'un certain type de système Microsoft à un autre, ou alors peut-être passer à Apple - le plus probable est qu'on va rester chez Microsoft parce que c'est assez confortable, il faut le dire -, et à ce moment-là on aura des coûts assez importants de modification.

D'après ce que j'ai pu estimer en discutant avec le Service informatique des Services du Parlement, si nous passions aux logiciels libres, on aurait probablement des coûts de migration équivalents aux coûts de quatre à cinq années de licence. Si cela nous permet de nous affranchir des licences, cela veut aussi dire qu'en quatre à cinq années on récupère notre argent et que nous devenons indépendants du géant Microsoft ou de tout autre géant; nous devenons libres comme le sont les logiciels.

Sur le point de la concurrence, je ne serais pas aussi optimiste que ne l'est la réponse du Bureau. Je crois vraiment que, sur le marché des logiciels, il n'y a pas de réelle concurrence. En dehors de Microsoft et d'Apple, il n'y a pas d'autre solution réelle que les logiciels libres. Soit on a un duopole avec un géant et un demi-géant, soit on choisit de prendre les logiciels libres.

C'est, je le répète, pour cette raison que je souhaite très vivement que nous poursuivions dans cette direction.