Marra Ada · Nationalrat · 2011-12-21
Marra Ada · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2011-12-21
Wortprotokoll
La crise continue de faire sentir ses effets en cette fin de décembre 2011. Trois secteurs sont injustement touchés par le franc fort: les industries exportatrices qui voient baisser leurs exportations; les travailleuses et travailleurs de ce pays qui voient fermer des entreprises de secteurs dans lesquels ils ou elles travaillent; le pouvoir d'achat des ménages. Face à ces trois réalités, le Conseil fédéral, après avoir fait adopter une première série de mesures louables mais insuffisantes, ne donne qu'une réponse par rapport aux différentes interventions sur lesquelles nous allons voter: attendre la décision de la Banque nationale suisse sur l'augmentation du cours plancher du franc suisse contre l'euro. Soit. Le groupe socialiste soutient cette demande et estime ce cours plancher à 1,40 ou 1,45 franc. Toutefois, en attendant, le Conseil fédéral doit présenter un deuxième train de mesures pour, d'une part, soutenir l'économie du pays et les emplois, et, d'autre part, atténuer les effets du franc fort sur les consommateurs. On peut même dire que c'est là que se situe l'enjeu de la discussion d'aujourd'hui.
Pour ce qui concerne les consommateurs, en dépit des taux de change records atteints par le franc suisse contre l'euro ou le dollar, les consommateurs continuent de payer en Suisse des prix surévalués pour les produits d'importation. Plusieurs acteurs de la chaîne commerciale engrangent les bénéfices dus aux taux de change, soutirant des milliards de francs aux consommateurs. Cette pratique nuit à notre économie nationale et elle favorise le tourisme commercial. On apprenait dimanche qu'entre 400 et 600 millions de francs sont dépensés par les Suisses dans les pays frontaliers. La situation actuelle ne va pas freiner ce mouvement. Il faut prendre des mesures fortes visant à lutter contre la rétention injustifiée des profits dus aux taux de change afin de soutenir le pouvoir d'achat des consommateurs et de sauvegarder les emplois et la consommation en Suisse. Il ne s'agit pas d'injecter de l'argent dans ce cas présent, mais bien de modifier des actes législatifs ayant trait à la surveillance des prix comme le prévoient les trois motions Birrer-Heimo 11.3984, 11.3985 et 11.3986.
Concernant les entreprises et les employés, avec la forte appréciation du franc qui se maintient toujours, on voit poindre la menace que les entreprises de certains secteurs délocalisent leurs activités vers des pays à faibles coûts ou ferment leurs portes. Les emplois en Suisse sont menacés. Pour éviter ce phénomène, il faut allouer sans attendre les aides financières requises. D'où la nécessité et l'utilité de créer un fonds de soutien aux entreprises en difficulté. Les critères d'attribution feraient l'objet de discussions; les solutions sont à trouver ensemble avec les partenaires sociaux. Nombre d'entreprises appellent à l'aide. C'est ce que propose le groupe socialiste avec sa motion 11.3992, "Fonds pour le maintien des emplois dans l'industrie".
Le groupe socialiste vous invite à soutenir les interventions qui vont dans ce sens et invite surtout le Conseil fédéral à présenter un deuxième train de mesures pour aider la Suisse.