Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2011-12-21
Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2011-12-21
Wortprotokoll
Nos entreprises et notre hôtellerie sont touchées de plein fouet par la surévaluation du franc suisse, quand bien même la fixation par la Banque nationale suisse d'un taux plancher à 1,20 franc pour un euro a apporté une certaine confiance. Cela demande une attention permanente de la BNS, car ce blocage sur une certaine durée pourrait sensiblement augmenter, à moyen terme, le risque d'inflation en Suisse.
Tout cela est effectivement la conséquence de l'erreur de construction de l'euro ainsi que de l'endettement massif et incontrôlé de plusieurs pays de la zone euro ainsi que des Etats-Unis. Nous n'avons pratiquement aucune influence sur la politique financière des pays de la zone euro et des Etats-Unis. C'est pourquoi nous devons nous concentrer sur des mesures essentiellement intérieures, durables et incitatives vis-à-vis des entreprises et des consommateurs suisses et, surtout, conjoncturelles. Tout d'abord, pour éviter une délocalisation de nos entreprises, il faut permettre des solutions flexibles sur le marché du travail, modalités discutées dans les conventions collectives et non imposées de manière généralisée comme c'est demandé pour la fixation d'un salaire minimum ou six semaines de vacances obligatoires pour tous. Il faut, d'autre part, alléger certaines charges bureaucratiques et administratives des PME, surtout dans la formation professionnelle en entreprise avec le système dual.
Il est souhaitable d'intensifier aussi notre politique commerciale extérieure avec des produits dotés d'innovations techniques à très forte valeur ajoutée. Pour cela, nous avons la chance de disposer d'écoles polytechniques fédérales compétentes à disposition des entreprises qui le souhaitent, et permettant l'éclosion de start-up innovatrices.
Pour dynamiser la consommation intérieure, des réductions d'impôts et des taxes permettraient, d'une part, de diminuer le prix de certains produits et, d'autre part, d'augmenter le pouvoir d'achat des consommatrices et des consommateurs. Une exonération temporaire de la taxe sur la valeur ajoutée pour les prestations d'hébergement et touristiques, comme le demandent les motions Graber Jean-Pierre 11.3950 et von Siebenthal 11.3955, est une mesure qui va dans le bon sens, avec une amélioration temporaire des conditions-cadres et surtout un effet immédiat sur la consommation, ce dont l'hôtellerie a besoin en ces temps difficiles.
Le tourisme alimentaire s'est également intensifié en raison du fort pouvoir d'achat de notre franc. Avec cela, l'agriculture suisse est aussi touchée, notamment par les exportations de fromages, et surtout par le volume des ventes de ses produits en Suisse. La qualité et la proximité des produits suisses doivent plus que jamais être des arguments importants pour le marketing. Par contre, la mise en oeuvre du principe du "Cassis de Dijon" est un élément qui va dans un sens inverse et pénalise notre industrie agroalimentaire.
Comme on le constate, nous devons améliorer les conditions-cadres afin de compenser, du moins partiellement, le désavantage de concurrence provoqué par la cherté de notre franc. La diminution temporaire du taux de la taxe sur la valeur ajoutée, une certaine simplification de celle-ci, un allègement administratif ainsi qu'une certaine flexibilité du marché du travail sont des éléments qui nous permettront de tenir le cap en ces périodes de difficultés financières et monétaires.
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