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Burkhalter Didier · Bundesrat · 2013-09-19

Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2013-09-19

Wortprotokoll

Madame Fiala, vous avez dit que les signataires du postulat n'étaient "sicher keine Papstgläubigen", si j'ai bien compris. Je dois dire qu'il n'est pas interdit de l'être: personnellement, après avoir rencontré le pape, j'étais presque un peu "papstfreundlich" face à sa simplicité, sa bonhomie et son sens des valeurs humaines. Ceci dit, quelle que soit la religion des uns et des autres, les relations bilatérales entre la Suisse et la Saint-Siège sont bonnes, grâce d'une part aux contacts réguliers que cultive l'ambassadeur de Suisse auprès du Saint-Siège et d'autre part grâce aux consultations politiques - parce qu'on en a - entre la Suisse et le Saint-Siège.

Lors de la dernière consultation politique, qui a eu lieu à la fin du mois de mai, les discussions ont porté entre autres sur la situation dans les zones fragiles du globe, notamment la Syrie, le Nigeria, etc., et sur la liberté de religion en Chine et au Vietnam. De même, la liberté de croyance et celle des minorités ont été discutées. Depuis septembre 2011, la représentation de la Suisse auprès du Saint-Siège est assurée par un ambassadeur qui, il est vrai, réside à Berne. Celui-ci est exclusivement accrédité auprès du Vatican. Il s'y rend fréquemment et a ainsi développé un dense réseau de contacts. Grâce à la Garde suisse du Pape, notre pays jouit d'une certaine visibilité, mais la Suisse officielle bénéficie également d'un accès privilégié à des interlocuteurs clés au Saint-Siège. Ainsi, l'accès privilégié au Vatican et les informations politiques qui circulent sont garantis par l'organisation actuelle. Cet accès et ces bonnes relations ne dépendent donc pas du lieu de l'accréditation mais de la volonté d'entretenir un dialogue, qui doit être étroit - c'est juste - avec le Vatican; et le Conseil fédéral a la volonté de dialoguer avec le Vatican.

Une autre raison pour laquelle le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat relève des priorités dans le réseau. Etant donné les ressources limitées, dont nous venons de parler à l'occasion d'un autre débat et qui découlent - encore une fois - de vos décisions, que nous comprenons, nous devons développer le réseau extérieur en tenant compte de ces exigences d'économies. Et l'ouverture d'une représentation suisse auprès du Saint-Siège engendrerait des coûts supplémentaires qu'il faudrait évidemment assumer au détriment d'autre chose. Nous estimons que la stratégie de politique étrangère - encore une fois, décidée par le Conseil fédéral mais cautionnée par les deux chambres du Parlement - nous guide vers d'autres priorités qui ne sont pas celles-là, même si les sommes engagées ne seraient pas énormes. Nous devons agir en termes de priorités et utiliser les ressources que nous avons en donnant la priorité aux régions à forte croissance et aussi aux pays européens qui ont une influence décisive sur les prochains enjeux politiques.

Du point de vue de la politique étrangère, l'ouverture d'une représentation suisse auprès du Saint-Siège serait probablement "nice to have", mais n'est pas une priorité pour le Conseil fédéral à l'heure actuelle et c'est pourquoi nous vous demandons de rejeter ce postulat.