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Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2015-03-19

Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2015-03-19

Wortprotokoll

Le groupe des Verts vous demande d'entrer en matière et d'apporter votre soutien à ce crédit-cadre. Le Conseil fédéral sollicite un montant de 147,83 millions de francs pour une durée minimale de quatre ans destiné principalement à la sixième reconstitution du Fonds pour l'environnement mondial. Ce fonds permet de financer la mise en oeuvre des principales conventions sur l'environnement et constitue dès lors un pilier de la politique environnementale internationale.

Les défis environnementaux n'ont pas de frontière. Les changements climatiques sont causés par des émissions issues des quatre coins du monde et leurs impacts sur l'environnement et les activités humaines touchent la planète entière, même si c'est de manière inégale. Les atteintes à la couche d'ozone, également concernées par ce crédit-cadre, sont elles aussi un problème mondial, que nous avons heureusement, précisément grâce à une mobilisation internationale, pu affronter avec un certain succès. Enfin, la préservation de la biodiversité, en tant que patrimoine vital à transmettre aux générations futures, nous concerne tous, quelle que soit notre nationalité et où que nous vivions.

Nous n'avons qu'une seule planète et c'est à nous toutes et tous, par delà les frontières, qu'incombe la responsabilité d'en préserver les ressources. Depuis la Conférence des Nations Unies sur l'environnement humain de 1972, la communauté internationale a mis en place toute une série d'instruments permettant de développer des politiques environnementales au niveau mondial. Ces instruments doivent disposer d'un financement adéquat, sans quoi ils ne sont que des tigres de papier. C'est dans ce contexte que nous sommes sollicités aujourd'hui: nous devons payer notre part pour que la Suisse assume ses responsabilités et contribue, avec les autres pays, à la préservation de notre environnement et des ressources de notre planète.

Cet engagement financier, qui nous est demandé pour la sixième fois depuis 1991 et que nous avons toujours accordé jusqu'ici, constitue dans le même temps une contribution à l'aide au développement. Rien ne sert de lutter contre la pauvreté si, de l'autre main, nous détruisons les fondements naturels de toute activité humaine, en particulier dans les pays les moins développés. Ces pays sont les plus vulnérables face aux conséquences des changements climatiques, à la déforestation, à la diminution de la fertilité des sols ou encore aux pollutions liées à l'usage de produits toxiques. Pauvreté et atteintes à l'environnement interagissent en un cercle vicieux: la pauvreté peut elle-même susciter des atteintes à l'environnement, par exemple par manque de moyens pour accéder à des technologies propres. Et la surexploitation des ressources prive les populations les plus démunies des bases de leur subsistance.

Dans cette perspective, le crédit-cadre que nous avons à adopter doit être considéré non seulement comme une contribution à la préservation de l'environnement mais aussi, plus largement, comme un soutien au développement durable à l'échelle mondiale.

L'expérience a montré que les moyens investis étaient utilisés de manière efficiente. Depuis sa création en 1991, le Fonds pour l'environnement mondial a soutenu plus de 3200 projets répartis dans 140 pays en développement ou en transition. En plus des 13 milliards de dollars américains qu'il a lui-même versé, le fonds a suscité plus de cinq fois plus de cofinancements externes. Il a donc un effet multiplicateur important au bénéfice des pays concernés et de la préservation de l'environnement.

Pour toutes ces raisons, le groupe des Verts vous recommande sans réserve d'entrer en matière et d'accepter ce crédit-cadre, afin que la Suisse assume ses responsabilités dans le domaine de l'environnement, à l'échelle internationale également.

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