Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2015-03-04
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2015-03-04
Wortprotokoll
Monsieur Müri, on ne peut pas prévenir les abus sans informations, ce n'est pas possible. D'autre part, il n'est pas question de faire de la prévention à partir de la naissance! Restons un peu [PAGE 122] sérieux, Monsieur Müri, même si la "sex box" contenait des peluches.
Madame Herzog, vous dites que les enfants veulent des réponses des personnes qui sont proches d'eux. Mais lorsque la personne proche de l'enfant est justement celle qui abuse de lui, comment voulez-vous que l'enfant reçoive des réponses de la part de ses proches? Je m'étonne que l'UDC - cela a déjà été dit à cette tribune -, un parti luttant de manière véhémente, mais à juste titre, contre les pédophiles, s'oppose lorsqu'il s'agit de prévenir les actes pédophiles. Oui, Madame Herzog, le risque est grand que les enfants soient soumis à la pornographie. Mais ce n'est pas l'école qui leur montre des images pornographiques mais bien leur environnement familial. C'est bien pour cela que l'école doit agir. Oui, la "sex box" et le matériel qu'elle contenait ont pu choquer. Mais faut-il pour autant jeter tout l'excellent travail fait dans ce pays?
Monsieur von Siebenthal, oui, les parents sont responsables. Mais que se passe-t-il lorsqu'ils ne font pas leur travail? Que se passe-t-il lorsqu'un abus est commis par un parent ou un proche sur un jeune enfant? Voulez-vous être complice de l'horreur que vivront ces jeunes enfants? Protéger les enfants, ce n'est pas les empêcher de découvrir leur corps, mais leur offrir la possibilité de suivre un cours encadré par des professionnels.
Madame Pantani, il ne s'agit pas de déléguer l'éducation de nos enfants à des tiers mais à des professionnels. Cela n'entame en rien - j'insiste sur ce terme - le devoir qui incombe aux parents mais cela le complète. Je suis persuadée que certains parents sont bien contents de ne pas avoir à parler de sexualité avec leurs enfants puisque l'école s'en charge. Cela peut être gênant, et pour les uns, et pour les autres.
Enfin, Monsieur Frehner, vous dites que la "sex box" contenait des images pornographiques. Je crois que nous n'avons pas la même définition du terme pornographique et je rappelle que ce n'est pas au géant jaune de décider de ce qui est pornographique ou pas dans notre pays. J'aimerais vous faire une petite lecture du "Petit Robert", qui me permet de vous donner la définition du pornographe: "Auteur d'un traité, d'une étude sur la prostitution"; et celle de la pornographie: "Représentation (par écrits, dessins, peintures, photos, ...) de choses obscènes". Voilà ce que c'est la pornographie. Si vous voulez voir, Monsieur Frehner, ce que c'est que des images pornographiques, je vous enjoins d'aller sur Internet; il y a une très bonne connexion au réseau dans le Parlement. Vous verrez que les images pornographiques n'ont rien à voir avec ce qui est distribué aux jeunes enfants; il ne faut pas exagérer!
Monsieur Grin, vous avez parlé de dessins incitatifs et provocateurs. Est-ce que la dame nue, ou l'ange, qui est représenté dans un nuage sur la fresque peinte sur le mur derrière moi est pour vous une image provocatrice? Aujourd'hui, bien sûr, on en rigole, mais en 1900, lorsqu'il n'y avait que des hommes dans cette salle, cette fresque, peinte par un Genevois - évidemment les Genevois aiment bien faire de la provocation - avait provoqué un grand scandale. Le monde a évolué, nous ne sommes plus en 1900, nous sommes en 2015. S'il vous plaît, n'exagérez pas en mettant l'accent sur le fait que les images utilisées sont pornographiques!
Monsieur Grin, vous avez aussi dit que le cours pouvait être dispensé par quelqu'un d'autre que le maître de classe. Je tiens à vous relire le texte des initiants: "Un cours facultatif d'éducation sexuelle peut être dispensé par le maître de classe aux enfants et aux jeunes âgés de neuf ans révolus." Il n'est pas écrit "par le maître de classe ou un autre intervenant". A plusieurs reprises, en commission, les initiants nous ont déclaré qu'ils insistaient sur ce maître de classe puisqu'ils estimaient que c'était la personne qui connaissait le mieux ses élèves.
Je terminerai par les paroles de Madame Ruiz qui a très bien résumé ce débat: "Priver la jeunesse d'éducation sexuelle, c'est aller à l'encontre de sa protection."
Je vous invite à protéger nos enfants et à recommander le rejet de cette initiative populaire.