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Piller Carrard Valérie · Nationalrat · 2015-03-04

Piller Carrard Valérie · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-03-04

Wortprotokoll

Les enfants, dès leur plus jeune âge, questionnent leurs parents quotidiennement; les questions sont aussi nombreuses et variées que les couleurs des capsules de café Nespresso. Certaines peuvent mettre les parents parfois dans l'embarras. Comme celle de [PAGE 110] mon fils de 5 ans, qui m'avait demandé, lors de ma dernière grossesse, comment allait sortir le bébé de mon ventre? Ou lorsqu'il m'a demandé pourquoi je n'avais de zizi? Je lui ai répondu, de manière simple, en utilisant des mots adaptés à son âge. Leurs questions attendent des réponses concrètes et claires de notre part. Alors oui, il est évident que l'éducation sexuelle doit d'abord être transmise par les parents, ils en sont les premiers responsables. Mais les enfants sont-ils tous égaux face à l'éducation inculquée par leurs parents? La sexualité est un sujet de discussion sensible, et les parents n'ont pas toujours les bons mots pour en parler, certains préfèrent même éviter le sujet. C'est pourquoi, il me semble important que ce thème soit aussi traité à l'école, qui a un rôle complémentaire. En abordant la sexualité à l'école, l'égalité des chances est garantie; si nous ne le faisons pas, certains enfants seront pénalisés par rapport aux autres. Aussi, certains enfants osent plus poser des questions à une personne externe de la famille, surtout quand l'âge de l'adolescence approche.

L'initiative qui nous préoccupe aujourd'hui me semble un peu hors du temps. Notre société a évolué depuis la libération sexuelle. Les cours d'éducation sexuelle sont mis en place depuis de nombreuses années et font partie intégrante des plans d'études. Les cours qui sont donnés dans les classes enfantines sont adaptés à l'âge des enfants et traitent avant tout de la prévention des abus sexuels, mais ce sujet ne peut être abordé sans parler d'éducation sexuelle, tout est lié. Les questions concernant les différentes parties du corps, les relations et les émotions sont abordées lors de ces cours. Nous ne pouvons pas dissocier le programme d'éducation sexuelle de la prévention des abus, comme le demandent les initiants. Cela empêcherait de donner aux enfants une protection indispensable. Aussi, actuellement, ce sont des spécialistes en éducation sexuelle et des enseignants qui ont suivi une formation qui donnent ces cours et en assurent la bonne qualité. Cette initiative remet en cause tout le travail effectué sur le terrain par ces spécialistes depuis de nombreuses années.

Si nous voulons vraiment protéger nos enfants des violences sexuelles, nous devons dire clairement non à cette initiative.

Je vous remercie par conséquent de recommander au peuple et aux cantons de rejeter cette initiative.