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Recordon Luc · Ständerat · 2015-06-02

Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2015-06-02

Wortprotokoll

Le rapporteur et président de la Commission de politique extérieure l'a souligné, et je voudrais à mon tour insister sur ce sujet tout en n'étant pas membre de la délégation concernée, l'Union interparlementaire a fait, dans le domaine de la gouvernance de l'eau, un excellent travail au cours de l'exercice précédent.

Pour avoir assisté, en particulier, à un séminaire sur ce sujet, organisé à Genève; pour avoir aussi vu les résultats obtenus [PAGE 354] ce printemps à Hanoï sous la conduite de notre collègue du Conseil national Ignazio Cassis, je voudrais dire que la Suisse joue un rôle vraiment intéressant pour la promotion de plusieurs aspects importants. Les plus éminents sont d'une part la reconnaissance d'un véritable droit à l'eau qui, dans certains pays, ne va pas de soi et qui soit justiciable, qui permette vraiment d'exiger des prestations; c'est quelque chose de fondamental que beaucoup d'ONG de notre pays promeuvent également.

D'autre part, il s'agit de la gestion par bassin versant. Sur ce plan, l'avancement du dossier au niveau international est moins satisfaisant, et c'est pourtant une question cruciale. En Europe, il est facile de voir que nous avons résolu, typiquement avec la Convention du Rhin, la gestion d'un bassin versant comportant de nombreux Etats aux intérêts divergents. Les intérêts divergents classiques, ce sont ceux du pays d'amont et ceux du pays d'aval. Imaginez bien que si le pays d'amont, comme la Suisse par exemple, retenait son eau au moment où le pays d'aval en a besoin, des sécheresses, des pertes de culture, voire des famines pourraient en résulter. En Europe, cela fait sourire comme hypothèse, mais en Afrique par exemple, ou en Asie, cela peut être une véritable réalité. A l'inverse, si vous relâchez trop d'eau en période où il n'y en a pas besoin, vous provoquez en aval des inondations et des crues. Il est donc fondamental que les pays se mettent d'accord sur ce point.

Malheureusement, je dois le souligner, c'est notamment la Turquie qui a des problèmes à ce sujet, comme pays d'amont sur les fleuves qui descendent vers l'Irak et la Syrie, qui ont déjà bien assez d'autres soucis que ceux-là. Il y a là véritablement une difficulté à régler. C'est un gros enjeu de politique internationale si on veut éviter des conflits à l'avenir. Donc merci à la Délégation de l'Assemblée fédérale auprès de l'Union interparlementaire d'y travailler! Nous avons essayé également de le faire, aussi activement que possible, mais ce n'était, sur le plan de la gestion par bassin versant, pas très satisfaisant, lorsque je me suis rendu comme délégué du Conseil de l'Europe au 7e Forum mondial de l'eau en Corée du Sud au milieu du mois d'avril dernier. Il y a néanmoins un aspect plus satisfaisant: la grande implication des milieux privés du domaine de l'eau dans ledit forum.

Il y a donc beaucoup de travail à faire, avec de fortes incidences, dans le domaine de l'eau.