Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2015-03-09
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2015-03-09
Wortprotokoll
L'infrastructure de recherche Source européenne de spallation (ESS), située à Lund en Suède, est appelée à devenir la source de neutrons la plus performante au monde. Grâce à elle, les chercheurs pourront voir au coeur de différents matériaux ou structures biologiques et acquérir ainsi des connaissances qui déboucheront peut-être sur de nouvelles technologies ou de nouveaux médicaments. L'ESS complète les installations existantes et permettra aux chercheurs suisses de réaliser des expériences qui ne sont pas possibles en Suisse. En effet, la Suisse possède déjà une source de neutrons au Paul-Scherrer-Institut, mais cette dernière n'a pas les mêmes caractéristiques que l'ESS, qui sera la source de neutrons la plus puissante au monde.
La contribution de la Suisse à la première phase de construction, à hauteur d'environ 32 millions de francs, a déjà été approuvée par le Parlement dans le cadre du message relatif à l'encouragement de la formation, de la recherche et de l'innovation pendant les années 2013 à 2016. Il s'agit à présent d'approuver la contribution d'environ 98 millions de francs pour la deuxième phase de construction et d'exploitation jusqu'en 2026.
La participation suisse représente 3,5 pour cent du coût total de l'ESS, devisé à quelque 3,7 milliards de francs. Une grande partie de l'apport suisse se fera en nature par le biais de la compétence de nos chercheurs.
Ces 98 millions de francs sont tout de même une somme importante eu égard à l'argent que l'on investit dans la recherche sur les énergies renouvelables, par exemple. A titre personnel, j'espère que le département en est conscient et qu'il saura présenter au Parlement, dans son prochain message sur la recherche énergétique, des sommes comparables.
La participation de la Suisse à l'ESS ne requiert pas d'accord entre la Suisse et la Commission européenne. En effet, il suffit d'une déclaration de la Suisse disant qu'elle reconnaît le règlement du nouveau cadre juridique européen ERIC (Consortium pour une infrastructure de recherche européenne) sur lequel se fonde l'ESS. Le règlement en question fixe les principales caractéristiques des infrastructures de recherche européennes, ainsi que des procédures claires pour acquérir ce statut. L'ESS réunit 17 pays partenaires.
Dans de nombreux domaines, la recherche de pointe suisse est aujourd'hui tributaire d'une participation à des infrastructures de recherche internationales, vu l'importance de ces installations. C'est pourquoi la Suisse participe aujourd'hui déjà avec grand succès à différentes infrastructures de recherche internationales dans le cadre de traités internationaux. Ces participations offrent aux établissements de recherche suisses, en particulier aux deux écoles polytechniques fédérales, aux universités et aux hautes écoles spécialisées, un accès direct aux expériences et aux données les plus récentes. Nos chercheurs auront pleinement accès à l'ESS et à ses résultats.
Par 19 voix contre 4 et 2 abstentions, la commission vous recommande de soutenir cette demande de crédit.