AB 17507
Ménétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2001-12-11
Wortprotokoll
Deux ou trois réponses aux interventions qui ont été faites.
D'abord sur l'assistance au suicide et l'initiative parlementaire Vallender: on peut évidemment déplorer que des gens se suicident. C'est un gaspillage incroyable et intolérable de vies humaines et de possibilités de vie, mais c'est un fait. On peut redouter que de limiter l'assistance au suicide nous amène à accepter que les gens aillent se jeter sous le train. Mme Vallender citait M. Neukomm à propos de l'expérience de Zurich. M. Neukomm, en commission, nous a dit qu'il était beaucoup plus troublé et gêné par les deux ou trois suicides violents qui ont lieu chaque année dans les établissements médicosociaux de la ville que par les un ou trois suicides assistés.
M. Baumann J. Alexander fait un mauvais procès à Exit. Je ne sais pas d'où il tient ses informations. Nous avons entendu Exit en commission, nous avons reçu les textes d'Exit, et la majorité a pu se convaincre qu'Exit n'avait jamais une attitude incitative au suicide, je dirai même que c'est exactement le contraire. Le représentant d'Exit a expliqué ses approches des gens qui les appellent en précisant qu'ils se retirent toujours lorsque la personne n'est pas décidée, n'est pas prête à accomplir ce geste. Exit prétend que de cette manière-là, par le simple fait de savoir qu'une mort digne pourrait survenir, les gens renoncent à mourir - et que c'est un prolongement de la vie!
Je voudrais encore préciser que si la majorité de la commission n'a pas donné suite à l'initiative parlementaire Vallender, ce n'est pas seulement à cause du chiffre 5, dont on a beaucoup parlé, mais aussi pour d'autres raisons.
Quelques mots encore sur l'euthanasie. Je crois qu'il est important qu'on revienne aux conditions dans lesquelles l'euthanasie active directe ne serait pas punissable en Suisse, avec ce projet, et qu'on arrête de parler des Pays-Bas. Ici, les conditions sont extrêmement strictes. Je crois qu'il faut arrêter de fantasmer sur toutes les extensions possibles et de dire qu'on va en venir à tuer délibérément les vieux, les malades psychiques, les pauvres, les enfants handicapés, qu'on va tuer délibérément des gens.
J'aimerais juste insister, M. Gutzwiller vient de le dire, mais je le redis encore en français parce que c'est très important: les abus dont on a peur peuvent être commis actuellement au moyen de l'euthanasie active indirecte. C'est là qu'on a toute cette zone grise, et qu'il y a actuellement déjà des morts qui sont délibérées dans ce domaine-là. La seule garantie pour que les conditions strictes soient respectées, c'est précisément qu'on franchisse ce pas. Non pas de légiférer, Madame Polla, non pas de faire une loi; ça, la majorité de la commission ne l'a justement pas voulu.
Cela, c'est le projet de M. Zäch. Nous ne voulons pas une loi sur l'euthanasie; nous voulons en rester au Code pénal, à la protection de la vie et à l'interdiction de l'homicide, et ceci aussi pour l'euthanasie active indirecte. Il s'agit simplement d'introduire un principe d'opportunité. M. Cavalli l'a dit trois fois, M. Gutzwiller l'a dit une quatrième, je le redis une cinquième: il n'est pas question de légaliser, mais de dépénaliser.
Enfin, on m'a reproché personnellement de relativiser la valeur de la vie. Si j'ai choqué des collègues par mes propos, je le regrette. Mais je voudrais souligner encore une fois, et je crois que là aussi je parle au nom de la majorité, que nous sommes animés par un grand respect pour la vie; pour la vie [PAGE 1835] en soi, même si nous sommes particulièrement attentifs aux conditions de vie des gens. Mais nous devons aussi admettre que la mort fait partie de la vie. La maladie, la mort ne sont pas quelque chose d'exogène, quelque chose qui vient d'ailleurs et qui nous tombe dessus. La maladie et la mort sont la vie elle-même.
M. Mariétan nous dit que, de nos jours, la mort n'est pas une fatalité. Si, elle l'est. Je crois que de penser que nous pouvons vaincre la mort est une preuve d'orgueil. Nous devons avoir un peu plus d'humilité. Pour conclure, je dirai qu'en commission personne, Monsieur Mariétan, n'a eu des propos tonitruants. Je crois que nous avons tous abordé cette question avec prudence, avec conscience et aussi avec humilité.
Que chacun de vous maintenant se détermine dans le même état d'esprit.