preparatory:AB 176755
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2015-03-19
Wortprotokoll
Je ne reviens pas sur la question de la représentation romande, Madame Savary a dit ce qu'il y avait à dire à ce sujet; nous avons reçu des assurances, que je tiens également pour fermes.
La réorganisation, que vient d'évoquer Monsieur Bieri, serait véritablement intéressant si exactement le même nombre de soldats, la même quantité d'armement, etc., étaient réorganisés en trois brigades au lieu de deux, parce que c'est plus rationnel, les coûts comme les volumes restant constants. Si c'était le cas, je pourrais approuver cette modification. Mais vous n'êtes pas allé aussi loin que cela, Monsieur Bieri. Il y aurait donc malgré tout une augmentation de moyens, et elle est très malvenue dans le contexte actuel.
J'en viens à l'aspect stratégique, pour répondre au président de la commission. Il est très intéressant que vous releviez les lieux pour lesquels ces questions se posent. En effet, on est probablement favorable à l'augmentation du nombre de brigades mécanisées en Syrie, en Ukraine, dans le pire des cas dans les pays Baltes - où d'ailleurs une délégation de la Commission de politique extérieure, dont je faisais partie, s'est rendue l'automne dernier, et ce n'est pas pour rien. Mais quand pensez-vous que les troupes de Bachar el-Assad ou même du président Poutine se présenteront à nos frontières? C'est de cette réflexion stratégique et de sa probabilité qu'il faut discuter. En réalité, si par hasard ils en avaient l'intention, il leur faudrait culbuter les armées de tellement de pays intermédiaires que la Suisse aurait largement le temps de se préparer, et s'ils arrivaient à franchir les obstacles que constituent ces pays pour venir envahir le pays neutre qu'est la Suisse - en supposant que ce soit dans leur intérêt -, je crois qu'il serait vain de résister. Que l'on ait deux ou trois brigades mécanisées ne ferait pas une grande différence et ne nous permettrait tout au plus que de livrer un baroud d'honneur. Quel est le sens de cette affaire?
J'en viens maintenant à l'intention, car c'est cela le fond de l'histoire. Si vous analysez stratégiquement la situation internationale, vous vous rendez compte que les batailles terrestres ne se font plus qu'aux marges, aux frontières, pour de petits gains territoriaux limités. Ainsi, le personnage actuellement le plus puissant et le plus agressif que l'on puisse connaître dans cette sphère-là, le président Poutine - relativement peu éloigné de nous mais quand même à des milliers de kilomètres -, veut de toute évidence reconstituer le glacis qu'offrait l'URSS autour de la Russie. C'est pour cela qu'il s'en prend à l'est de l'Ukraine, c'est pour cela qu'éventuellement il pourrait s'en prendre aux pays Baltes - mais j'en doute vu l'ampleur de la réaction de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord. Je crois que cela ne lui a même pas traversé l'esprit de s'en prendre à la République tchèque ou à d'autres pays anciennement membres du Pacte de Varsovie, et encore moins d'essayer de venir prendre Berne ou Paris; c'est du fantasme pur! Et c'est pour ce fantasme pur que nous voulons faire des tas de choses, précisément ici porter le nombre de brigades mécanisées à trois; c'est insensé!