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preparatory:AB 177468

van Singer Christian · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2015-06-16

Wortprotokoll

Le groupe des Verts juge que l'armée doit fixer tout d'abord des priorités et ensuite nous présenter un programme d'armement qui permette de répondre aux principaux risques que notre pays doit et devra affronter. Malheureusement, ce n'est pas le cas aujourd'hui avec ce programme qui comporte trois postes: l'achat de drones équipés pour la reconnaissance - et uniquement la reconnaissance - pour 250 millions de francs; l'achat de simulateurs de tir pour 21 millions de francs; l'achat de véhicules équipés pour 271 millions de francs.

Il est écrit dans le message que les drones de reconnaissance serviraient principalement à la conduite de l'appui de feu en cas de défense contre une attaque par un adversaire armé. Mais quel est cet adversaire? Quelle armée risquerait de nous attaquer depuis un pays voisin ces prochaines années? Nous n'en voyons pas, donc nous ne voyons pas la nécessité de remplacer les drones actuels par un système de drones perfectionnés, très chers, mais qui ne comportent ni système d'écoute, ni système de brouillage, ni armement.

Aujourd'hui, les drones sont surtout utilisé à des fins civiles telles que la surveillance de frontières, l'intervention en cas de catastrophes ou la recherche de personnes. Mais la surveillance de frontières ne peut avoir lieu qu'avec l'assistance de la troupe et lorsque la troupe est engagée. Donc, si nous voulions vraiment améliorer la surveillance des frontières, il faudrait des drones meilleur marché, plus petits, qui puissent être utilisés par les gardes-frontière. Si nous voulions que ces drones puissent être réellement utilisés en cas de catastrophes naturelles ou technologiques, il faudrait aussi un système de drones plus petits, qui coûteraient nettement moins cher, qui pourraient être utilisés aussi par la protection civile et pas seulement par des troupes spécialisées de l'armée. Ces drones ne répondent donc pas à des besoins actuels de la Suisse.

En ce qui concerne l'objection soulevée par certains quant au pays de provenance des futurs drones, il est évident que le groupe des Verts ne souhaite pas que des armes soient achetées à des pays en guerre, que ce soit Israël ou que ce soient des pays arabes. Nous ne souhaitons pas non plus par exemple que des drones soient achetés à des Américains, car la vie d'un Afghan ou la vie d'un Pakistanais n'a pas plus ou moins de valeur que la vie d'un Palestinien.

Donc ce serait une raison supplémentaire pour ne pas les acquérir. Mais, je le répète, c'est essentiellement en examinant l'utilisation possible de ces drones que le groupe des Verts refuse cet achat.

Concernant l'achat de simulateurs de tir, le groupe des Verts n'a pas d'objections à faire.

Concernant l'achat de véhicules pour 271 millions de francs, aussi bien le nombre que le prix des véhicules que l'armée veut se procurer nous semblent excessifs. Le groupe des Verts est favorable à une réduction de ce poste en tenant compte des facteurs suivants. D'une part, il y a le franc fort, dont le cours est à 1,05 franc pour un euro, alors qu'on nous propose d'acheter les véhicules en se fondant sur un taux de change de 1,25 franc pour un euro. D'autre part, le prix est excessif. Le prix catalogue d'un tel véhicule non équipé pour l'armée, est de 84 000 euros. Dans le projet d'acquisition, le prix serait à peu près de 270 000 euros par véhicule, ce qui nous paraît tout à fait excessif, même en tenant compte des adaptations nécessaires.

Le groupe des Verts continue à soutenir la conception d'une armée avec au maximum 80 000 hommes - il reprend la proposition du Conseil fédéral - et ne coûtant pas plus de 4,4 milliards de francs par an. Là aussi une réduction s'impose.

En résumé, le groupe des Verts constate que ce programme correspond bien au signal donné par le Parlement, qui veut une armée de 100 000 hommes pour un coût de 5 milliards de francs par an, mais cela ne correspond ni aux nécessités stratégiques ni au point de vue du groupe des Verts.

Il y a d'autres priorités et je vous invite donc à ne pas entrer en matière.