Berset Alain · Bundesrat · 2015-06-16
Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2015-06-16
Wortprotokoll
Je vous remercie, Madame Maury Pasquier, d'avoir attiré notre attention sur ce point. Vous avez aussi rappelé dans votre intervention que ce sujet était très complexe et que certains éléments avaient une influence les uns sur les autres, notamment en ce qui concerne l'évolution du comportement que peut ou non induire une vaccination contre les papillomavirus humains. Ces sujets sont extrêmement sensibles. Il n'y a pas seulement les questions de sécurité et d'efficacité du vaccin, mais aussi - j'allais presque dire - les effets psychologiques du vaccin sur le comportement. Nous n'arrivons pas à la conclusion que des effets négatifs existent, mais il faut observer ce sujet avec attention.
La vaccination généralisée de toutes les jeunes filles contre le papillomavirus humain est recommandée depuis 2007 et celle pour les garçons et les jeunes hommes à titre de vaccination complémentaire depuis 2015. Nous estimons disposer de suffisamment d'éléments pour pouvoir faire cette recommandation. Vous posez la question relative au rapport coût/efficacité. Vous l'avez dit vous-même, il est trop tôt, six ans après l'introduction de la vaccination chez les jeunes filles, pour en mesurer l'impact de manière précise. Il faudra encore du temps, parce que le délai entre le moment de l'infection et l'apparition de lésions peut être très long. Beaucoup d'incertitudes existent encore dans ce domaine. Nous ne sommes donc pas en mesure aujourd'hui de faire une étude coût/efficacité de la vaccination pour les garçons et les jeunes hommes, comme vous l'avez mentionné. Il faudrait se baser sur des hypothèses qui influenceraient de manière importante le résultat. Il faudrait donc réévaluer la question d'une étude à l'avenir.
Nous avons cependant une série d'informations et d'éléments. Les résultats de l'étude pilote que vous citez dans votre interpellation ne nous paraissent pas pertinents pour décider une recommandation de vaccination pour les garçons et les jeunes hommes. Les résultats des études cliniques effectuées sur les hommes ainsi que les effets observés sur la vaccination des jeunes filles dans d'autres pays ont cependant été jugés suffisants pour recommander en Suisse la vaccination pour les garçons et les jeunes hommes comme vaccination complémentaire. Mais ce n'est pas une science exacte. Il s'agit d'une évaluation, d'une pondération à faire entre différents éléments. Et nous devrons suivre cela à l'avenir, nous sommes d'accord sur ce point, dès qu'il sera possible de mener des études pour fonder scientifiquement le lien ou le non-lien qui peut exister entre la vaccination et l'apparition de lésions. Et nous le suivrons avec beaucoup d'intérêt.
Vous parlez ensuite des informations supplémentaires; il est évident que nous faisons, là aussi, très attention à ce qu'elles soient diffusées.