Amaudruz Céline · Nationalrat · 2012-06-14
Amaudruz Céline · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2012-06-14
Wortprotokoll
L'article 83 alinéa 5 de la loi sur les étrangers est un point central de cette révision. Il serait intolérable et inadmissible que l'alinéa 5 soit biffé comme le souhaite la minorité II (Glättli) pour des raisons qui tombent sous le sens, et qui ne demandent pas d'autre développement. En biffant cet alinéa, on ferait de la Suisse une terre bénie, une terre d'accueil pour ceux qui n'ont rien à y faire.
Il serait dangereux voire calamiteux de vouloir apparemment tempérer la disposition en suivant la minorité I (Heim). En effet, lorsqu'on cherche à donner moins de rigueur à un texte législatif qui serait en principe applicable, c'est en fait accepter que l'exception devienne la règle et c'est précisément ce que l'on ne veut pas. Un texte législatif doit être clair et doit éviter d'ouvrir la voie à l'interprétation, ce à quoi conduirait inéluctablement le terme "en principe". Il faut donc en rester au texte proposé par la majorité de la commission parce qu'il est précis, sans ambiguïté et consacre la solution qui doit s'imposer. La solution hollandaise du renvoi sans discussion après huit jours est exemplaire et s'est imposée au législateur qui a été conscient que l'ouverture incontrôlée des frontières est un des éléments importants qui met en danger, voire en péril, notre économie, nos charges sociales, et par voie de conséquence, notre endettement.
En tant que représentante de Genève, je dois souligner que notre canton souffre de graves maux affectant notamment son tourisme, l'industrie hôtelière et de façon plus générale le secteur commercial. S'il est vrai que tous les requérants d'asile ne sont pas des trafiquants de drogue, l'exemple de Genève est là pour nous montrer que tous les trafiquants multirécidivistes sont de faux requérants qui abusent de ce statut pour continuer leur activité criminelle sur le sol suisse en toute impunité.
Je vous invite à suivre la majorité de la commission. La situation actuelle est dramatique et on n'a de cesse de minimiser la gravité d'un problème sous prétexte de cacher la vérité par crainte d'un effet de panique. Or en suivant les thèses de la minorité, ce serait précisément contribuer à l'émergence d'une panique face à l'insécurité. Il est à relever encore et surtout que je suis étonnée que ce soient les mêmes ici dans cet hémicycle qui s'opposent au renvoi strict au cas par cas et qui s'opposent ensuite à l'internement que leur propre politique a rendu nécessaire. N'oubliez pas que nos concitoyennes et concitoyens doivent se sentir protégés. Ils n'ont plus confiance en nos autorités. A nous de nous battre pour que cette confiance soit rétablie et pour restaurer un dialogue sein entre le peuple et ceux qui le gouvernent.