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Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2012-12-12

Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2012-12-12

Wortprotokoll

Le service militaire obligatoire et l'armée de milice sont les principes de notre politique de sécurité. Ce sont les piliers de notre système politique en général. Une milice volontaire est une illusion. Le passage à un système volontaire mettrait en danger la sécurité du pays. Les effectifs de l'armée dépendraient de la bonne volonté de la population. Les prestations exigées, en temps de paix comme en temps de guerre, risquent de ne plus être garanties.

Un modèle d'armée combinant service obligatoire et milice reste le plus efficace, car il permet de mobiliser rapidement le nombre de troupes nécessaire et en fonction de la menace. Il permet aussi à l'armée d'utiliser largement de vastes compétences civiles. En supprimant l'obligation de servir, la Suisse devra se doter d'une armée professionnelle qui, entre autres défauts, coûtera beaucoup plus cher que notre système actuel.

Sous un couvert pacifique, le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) est une sacrée machine à produire des initiatives et des référendums contre notre armée de milice. Sur [PAGE 2151] son site Internet, il invite les jeunes à repousser leur école de recrues, parce que l'on va voter pour supprimer le service obligatoire fin 2013. Donc, ils leur disent: "Repoussez votre service militaire jusqu'à cette date, il y a une possibilité que n'ayez jamais à l'accomplir. Votre aide pour gagner cette votation sera plus que bienvenue!" Quel populisme de bas étage et quelle irresponsabilité citoyenne et civique! En voulant l'affaiblir sans cesse, le GSsA désire et se bat pour supprimer tout simplement notre armée.

L'obligation de service par laquelle les citoyens s'engagent pour le bien commun fait partie intégrante de l'identité suisse. L'ensemble de notre système repose sur l'idée que les droits sont liés à des devoirs. Il faut impérativement rappeler ce que signifie la milice dans notre pays: elle irrigue toutes nos institutions et l'esprit de notre société en général.

Il y a enfin, dans la conception même de notre armée, deux principes décriés par les auteurs de cette initiative: la notion "obligation" et la notion "service". L'obligation s'oppose, dit-on, à la liberté, ce qui est faux et révèle combien la conception moderne de la liberté est superficielle. L'obligation donnerait, dit-on, des devoirs, alors que la liberté donnerait des droits. Ce qui est aussi faux, car à bien y regarder, la vraie liberté impose justement des devoirs. Il ne faut pas oublier que les jeunes ont besoin de causes nobles, qu'ils sont sensibles à la confiance qu'on leur fait et demandent aussi à être investis de responsabilités.

Pour tout cela, il faut recommander le rejet de cette initiative qui veut supprimer l'obligation du service militaire de milice, et à terme, notre armée.