Cottier Anton · Ständerat · 2001-11-26
Cottier Anton · Ständerat · Freiburg · Christlichdemokratische Fraktion · 2001-11-26
Wortprotokoll
Vous venez d'exprimer à mon égard une confiance qui me touche profondément. Mon premier mot sera donc pour vous dire mes sentiments de reconnaissance et d'amitié. J'éprouve de la fierté à devenir le président de la Chambre haute, mais je partage l'honneur qui m'est fait avec ma famille, en particulier ma femme et mes enfants; avec ma commune d'origine de Jaun/Bellegarde en Gruyère; avec ma ville et mon canton de Fribourg.
Mon premier devoir de président élu est aussi le plus agréable: féliciter et remercier notre présidente sortante, Madame Françoise Saudan. Vous avez dirigé nos débats avec l'autorité, la maîtrise et l'efficacité qui sont le propre des chefs d'entreprise. Vous avez représenté notre Conseil - et à l'étranger notre pays - avec talent, sans quitter le naturel chaleureux qu'on vous connaît. Madame, c'est un honneur pour nous tous d'avoir siégé sous votre présidence.
Vous avez élu en ma personne le neuvième président fribourgeois du Conseil des Etats et je me réjouis de prendre place dans cette illustre lignée, mais je n'oublie pas les obligations morales qui en découlent. Fribourg, le premier canton romand entré dans l'alliance des Confédérés, ne lui a pas seulement offert les richesses de la culture et de la langue françaises. Fribourg a rendu à notre pays un service politique inestimable que rappelle la date 1481 qui figure au sommet d'une colonne dans notre hémicycle, placée ici face au président.
En effet, en faisant de la Suisse un pays plurilingue, il l'a engagée sur la voie de solutions institutionnelles originales, je veux dire: sur la voie d'un fédéralisme qui s'épanouira pleinement, plus tard, dans le respect des droits de la personne humaine, des groupes sociaux et des minorités. Et si l'Université de Fribourg, aujourd'hui, déploie beaucoup d'activité créatrice dans l'étude de l'éthique sociale et dans celle du fédéralisme, ce n'est donc pas le fait du hasard, mais le résultat d'une profonde continuité historique.
Wenden wir nun unseren Blick dem kommenden Jahr zu! In den vergangenen Monaten und noch am Wochenende sind allerdings starke Ereignisse geschehen, die sich weiter auf die Zukunft unseres Landes auswirken werden. Diese Ereignisse sind in unserem Bewusstsein so präsent, dass wir sie nicht abrufen müssen. In ihnen kommen der Prozess und Wandel zum Ausdruck, die in unserem Land und in der Welt in der Tiefe langsam und gewaltig ablaufen - so die Diagnose von Professor Peter von Matt. Gerade in solch schwierigen Zeiten gilt es für unsere Kammer - die Chambre de réflexion - in der Gesetzgebungsarbeit Überlegungen anzustellen, wie die Weichen für die Zukunft unseres sich wandelnden Landes zu stellen sind.
Certes, la Suisse n'est pas encore engloutie dans une spirale destructrice. Mais nous devons constater avec inquiétude qu'aujourd'hui des voix s'élèvent de toutes parts pour refuser le dialogue et que l'intransigeance semble être la ligne de conduite de beaucoup. A peine une décision est-elle prise, même démocratiquement, qu'elle est contestée, certes le plus souvent pacifiquement, mais parfois aussi violemment. Nous pouvons voir dans ce fait un symptôme significatif de la détérioration du climat social.
Or, la paix sociale est notre bien le plus précieux. Elle conditionne notre cohésion. J'en appelle ainsi à l'ensemble des mécanismes - juridiques, politiques, mentaux - qui assurent le maintien du dialogue entre les diverses catégories sociales, employeurs et salariés, producteurs, distributeurs et consommateurs, agriculteurs et citadins, mais aussi entre les communautés linguistiques et culturelles, idéologiques et religieuses. Car paix sociale et cohésion nationale, c'est un tout.
Lorsque la paix sociale est menacée, c'est l'ensemble du pays qui en souffre et si elle venait à se rompre durablement, il faudrait se faire du souci pour l'existence même de notre Confédération. Gardons-nous donc d'entrer dans une logique de conflits tous azimuts, où chaque fraction de notre pays défendrait ses intérêts contre ceux des autres fractions, au lieu de chercher, avec elles, l'intérêt commun. Les graves événements auxquels je faisais allusion tout à l'heure ont été générateurs de tensions et d'angoisses. Il nous faut transformer ces sentiments négatifs en énergie positive. Il nous faut puiser dans l'incertitude de ce temps le courage et la confiance nécessaires pour affronter l'avenir ensemble.
Le Conseil des Etats a toujours su rester le lieu du dialogue et de la recherche d'un juste équilibre qui renforce la cohésion. Avec vous, mes chers collègues, je m'efforcerai de maintenir nos travaux dans cette perspective et de faire en sorte que cet esprit rayonne au-delà de notre enceinte. Je sais que j'aurai votre aide. Je vous en remercie. (Applaudissements)
La présence de la nouvelle présidente du Conseil national me donne l'occasion de la féliciter au nom du Conseil des Etats. (Applaudissements)
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