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Germanier Jean-René · Nationalrat · 2015-06-09

Germanier Jean-René · Nationalrat · Wallis · FDP-Liberale Fraktion · 2015-06-09

Wortprotokoll

Le groupe libéral-radical soutient bien sûr l'entrée en matière sur ce projet et sur les huit arrêtés fédéraux portant sur la promotion économique.

La promotion économique est un des outils importants de soutien aux entreprises dont dispose la Confédération pour favoriser le développement des entreprises et donc de l'emploi dans notre pays. La place économique suisse fait face à des défis importants pour le maintien du haut régime de son activité économique. Le choc du franc fort, en ce début d'année, touche de plein fouet toute l'économie, mais en premier lieu notre industrie d'exportation dont le tourisme fait partie.

La réévaluation de notre monnaie a déclenché de nombreuses demandes d'intervention étatique pour des soutiens aux secteurs les plus touchés.

Le groupe libéral-radical s'est régulièrement opposé à des interventions sous forme de subventions directes de l'Etat aux entreprises et aux secteurs économiques. En fait, le choc du taux de change est un choc des coûts et il est difficile pour l'Etat d'intervenir sur les coûts.

Dans ces conditions, nous estimons qu'il faut plutôt agir sur une amélioration et un renforcement des conditions-cadres à long terme. Il faut entreprendre une action sur la fiscalité des entreprises avec des baisses d'impôts qui renforcent la compétitivité et l'attractivité de notre pays, une action pour maintenir des lois sur le travail qui soient flexibles et qui permettent de toujours s'adapter aux nouvelles conditions.

La promotion est essentielle pour contribuer à mettre en place les conditions favorables aux entreprises. C'est une véritable tâche de l'Etat que de financer la promotion de notre économie, car il en va de l'intérêt général du pays. La maîtrise de la dette est aussi une forme de soutien, car les dettes d'aujourd'hui sont les impôts de demain. Des mesures d'austérité seront nécessaires pour atteindre ce but.

Ainsi, une bonne majorité des membres du groupe libéral-radical estime que nous devons agir prioritairement sur la maîtrise des dépenses de l'Etat. Nous devons régulièrement pratiquer des allègements budgétaires et reconsidérer nos dépenses afin de maintenir notre dette publique à un niveau acceptable. Ce dernier élément, soit la recherche d'un équilibre entre action nécessaire et maîtrise des dépenses a fortement influé sur nos débats au sein du groupe. L'idéal serait que nous maintenions les crédits alloués au niveau des dépenses réellement effectuées durant l'exercice 2014. Nous saluons donc le projet du Conseil fédéral qui a tenu compte de la nécessité de maîtriser les dépenses.

Les dépenses prévues dans le domaine de la promotion des exportations sont limitées et d'ores et déjà conformes au frein à l'endettement. Couper davantage dans les crédits alloués serait véritablement contre-productif. Il faut que Switzerland Global Enterprise puisse remplir sa mission de promotion de la Suisse dans le monde, promotion qui est très importante pour près de 25 000 petites et moyennes entreprises de notre pays. Dans ces conditions, notre groupe soutiendra la proposition Bourgeois visant à maintenir, dans le projet 7, un crédit conforme au projet du Conseil fédéral.

Un des grands chapitres touchant plusieurs des projets que nous traitons concerne la promotion du tourisme. Le tourisme est une industrie d'exportation essentielle à l'équilibre de notre économie. Il permet une activité décentralisée dans notre pays. Le tourisme ne peut pas être délocalisé et représente par conséquent encore plus une chance d'activité durable, à long terme, pour notre économie qui doit être soutenue. Cette activité est très fortement touchée par le taux de change défavorable du franc suisse. Les concurrents européens sont très actifs et une forte promotion doit permettre d'attirer des clients dans notre pays, indépendamment du prix proposé.

De plus, il faut prendre en compte le coup dur que représente la nouvelle loi fédérale sur les résidences secondaires. Dans les régions concernées, ce sont principalement des petites et moyennes entreprises qui sont touchées. [PAGE 975]

Un subventionnement direct comme mesure d'accompagnement n'est pas envisageable, mais par contre une forte promotion et la conquête de nouveaux marchés doivent permettre d'augmenter la demande pour favoriser une reconversion de l'activité et augmenter le nombre de lits chauds, qui sont profitables. Nous soutenons d'ailleurs la prolongation du prêt supplémentaire du crédit hôtelier jusqu'en 2019.

Pour ce qui concerne l'enveloppe financière accordée à Suisse Tourisme, la majorité de notre groupe soutient l'acceptation de l'enveloppe de 220,5 millions de francs proposée par la majorité de la commission et par le Conseil fédéral. Notre groupe ne veut pas que ces moyens soient augmentés comme cela est demandé dans certaines propositions de minorité.

L'ensemble des chapitres de promotion que j'ai abordés représente un projet pour une enveloppe de 374 millions de francs. Nous devons nous déterminer également sur les montants destinés à la Nouvelle politique régionale. Il est nécessaire d'encourager l'innovation et d'améliorer la coordination des offres existantes de promotion de l'innovation. Cela doit profiter directement aux PME. Il faut pouvoir mettre en valeur les spécificités régionales. Nous soutiendrons donc la majorité de la commission à l'article 5 du projet 5. Cependant, une forte majorité de notre groupe est d'avis que les moyens peuvent être limités à 220 millions de francs contre les 230 millions proposés par le Conseil fédéral.

En tant qu'entrepreneur, je sais que ce n'est pas lorsque la situation est difficile qu'il faut diminuer la voilure de la promotion, bien au contraire. L'équilibre des finances et la préparation de perspectives positives pour l'économie doivent pouvoir se retrouver dans ce projet.

Au nom du groupe libéral-radical, je vous demande d'entrer en matière sur ces projets et de respecter ces équilibres.