Moret Isabelle · Nationalrat · 2015-09-09
Moret Isabelle · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2015-09-09
Wortprotokoll
Qui n'a pas vu ces images bouleversantes? Qui ne s'est pas interrogé sur la réponse à apporter à cette vague de réfugiés qui déferle sur l'Europe? La réponse est claire: humanité et dignité. Ce ne sont plus des jeunes hommes en quête de travail qui sont jetés sur les routes, mais des populations entières, des familles en quête de protection qui fuient les combats, les zones de conflits et la déliquescence de pays en guerre. Ce ne sont plus quelques milliers d'opposants religieux ou politiques qui sont martyrisés par une dictature, c'est toute une population. En Syrie, en Erythrée, les paradigmes de l'asile ont changé.
C'est pourquoi le groupe libéral-radical propose que le Conseil fédéral mette en oeuvre l'article 4 de la loi sur l'asile qui prévoit une protection provisoire aux réfugiés, le temps pour eux de survivre, de sauver leurs enfants, de se reconstruire et d'entamer la reconstruction de leur pays. La protection provisoire, c'est un projet de vie qui est proposé à ces personnes en détresse. Nous leur offrons protection, mais aussi nos écoles, nos apprentissages, la possibilité de travailler dans notre pays, avec un seul objectif, devoir retourner dans leur pays pour le reconstruire. La protection provisoire permet d'être généreux selon la tradition humanitaire de la Suisse, tout en s'assurant qu'à moyen terme la population n'augmente pas en Suisse, puisque les personnes aidées devront retourner chez elles. C'est un investissement dans l'avenir d'un pays en guerre, une forme d'aide au développement. Voilà la réponse à apporter spécifiquement aux personnes en détresse en provenance de Syrie et d'Erythrée.
A côté de cette réponse spécifique à ces personnes, il est nécessaire de poursuivre ce que nous avons entrepris il y a deux ans: réformer la procédure d'asile. Dans ce projet qui vous est soumis, rien de nouveau. Nous l'avons accepté il y a près de deux ans dans le cadre d'une procédure urgente. Le peuple l'a accepté à près de 80 pour cent. La phase test est plus que concluante. Il convient maintenant de transposer ce qui a été décidé il y a deux ans dans le droit ordinaire. Accélérer les procédures, c'est permettre de renvoyer rapidement les personnes qui ne remplissent pas les critères de l'asile tout en intégrant rapidement ceux qui obtiennent le statut de réfugiés.