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Bourgeois Jacques · Nationalrat · 2015-09-14

Bourgeois Jacques · Nationalrat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion · 2015-09-14

Wortprotokoll

Lors de la séance du 22 juin dernier, la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie a pris connaissance du rapport sur l'environnement 2015. Comme relevé dans le rapport, la qualité de nos eaux s'est sensiblement améliorée depuis les années 1950. La Suisse est parvenue à diminuer nettement la charge de phosphore et d'azote dans les lacs et les rivières. Cette situation est principalement due à la mise en place de stations d'épuration sur presque l'ensemble du territoire suisse. Ainsi, 89 pour cent du phosphore est actuellement éliminé dans les stations d'épuration.

Si l'on peut se réjouir de cette évolution, il y a toutefois un revers à la médaille, à savoir que les concentrations de phytoplancton nécessaire à la faune aquatique, notamment les poissons, sont en très nette régression. En effet, la valeur de 30 microgrammes de phosphore par litre, indispensables au renouvellement de la faune aquatique, n'est plus atteinte dans la plupart de nos lacs.

Compte tenu de la situation, la pratique séculaire en Suisse de la pêche professionnelle est de plus en plus précaire. Ce ne sont pas les chiffres qui me contrediront: que l'on prenne les pêcheurs professionnels, les pêcheurs à temps partiel, ou ceux qui pratiquent la pêche comme hobby, leur nombre a diminué de plus de 50 pour cent en l'espace de 40 ans.

En Suisse, on ne dénombrait plus que 181 pêcheurs professionnels en 2014, alors qu'ils étaient 330 en 1975. Tout comme le nombre de pêcheurs, les rendements ont fondu comme neige au soleil. S'agissant des poissons, aussi bien les ombles chevaliers que les perches sont de moins en moins présents dans nos lacs. En même temps, les Suisses mangent de plus en plus de poisson. En 2014, ce sont 74 500 tonnes de poisson qui ont été consommées dans notre pays, soit plus de 9 kilos par habitant. Cela représente une augmentation de la consommation d'environ 60 pour cent en 25 ans. Les poissons importés garnissent par conséquent de plus en plus nos étals.

Etant donné ce constat, il est important de se poser la question de l'avenir des pêcheurs professionnels suisses. Il devient de plus en plus difficile, voire impossible, dans notre pays, de pouvoir tirer un revenu décent de cette profession. Non seulement les rendements sont en baisse, mais les coûts de production représentent aussi de plus en plus un facteur limitant. Le rapport exigé par ce postulat de commission devrait permettre de mettre en exergue ces évolutions et de proposer des mesures garantissant, à terme, l'exploitation durable des ressources halieutiques indigènes, tout en garantissant également l'assainissement des eaux.

Tant les aspects environnementaux concernant la qualité des eaux, les éléments nutritifs présents ou la biologie que les aspects socio-économiques, comme l'apport de la pêche en général pour notre société, l'évolution des revenus tirés de cette activité, les conditions actuelles de la formation professionnelle, la déclaration d'origine ou encore l'évolution de l'importation et de la consommation devraient être passés sous la loupe.

Pour toutes ces raisons, je vous invite à soutenir ce postulat, ainsi que l'a fait la commission par 14 voix contre 7 et 2 abstentions.