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Maire Jacques-André · Nationalrat · 2015-09-23

Maire Jacques-André · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-09-23

Wortprotokoll

Comme le relève le texte de notre interpellation, en abolissant le taux plancher du franc suisse face à l'euro, la Banque nationale suisse a infligé un grave coup d'arrêt à certains secteurs de l'économie. C'est en particulier le cas des entreprises tournées vers l'exportation et de leurs sous-traitants.

Le recul des exportations lié au franc fort atteint déjà aujourd'hui 4,5 pour cent, quelques mois seulement après la décision de la Banque nationale suisse, et plusieurs milliers de postes de travail ont déjà été supprimés tandis que le chômage est en hausse dans plusieurs cantons directement concernés. Les perspectives au niveau des carnets de commande sont de plus en plus sombres pour les mois à venir et il faudra très certainement envisager une prolongation de la durée du chômage partiel pour éviter de devoir se séparer de collaborateurs compétents. Nous demandons donc au représentant du Conseil fédéral s'il est disposé à octroyer, en temps voulu - soit déjà dans quelques semaines pour certaines entreprises - une prolongation du chômage partiel.

Plus grave encore, les résultats du sondage réalisé par Swissmem auprès de ses membres a révélé que 22 pour cent des entreprises interrogées étaient aujourd'hui prêtes à délocaliser à l'étranger une partie de leur production et que 25 pour cent des entreprises menaient actuellement des réflexions à ce sujet. Nous craignons très fortement d'être au début d'un processus de désindustrialisation dont les conséquences pourraient être dramatiques à moyen et long termes. Nombre de pays voisins paient aujourd'hui au prix fort les erreurs commises par le passé en n'ayant pas suffisamment défendu leurs activités industrielles.

Face à la gravité de la situation qu'endurent de nombreuses entreprises exportatrices, et en attendant le rapport du Conseil fédéral à ce sujet, nous réaffirmons notre demande de créer un fonds qui servira à freiner le processus de désindustrialisation et à soutenir les petites et moyennes entreprises et leurs fournisseurs qui ne sont pas en mesure de procéder seules à des investissements pour accroître leur productivité et leur compétitivité.

Face à la pression très forte à laquelle sont soumises les régions frontalières, nous demandons au Conseil fédéral de faire tout ce qui est en son pouvoir, en collaboration avec les cantons concernés, pour que les mesures d'accompagnement existantes soient réellement mises en oeuvre et dûment contrôlées, et nous sommes d'avis que ces mesures d'accompagnement devraient encore être renforcées, notamment en matière salariale, par une extension des conventions collectives. Le Conseil fédéral est-il prêt à appuyer ces efforts?

Madame Susanne Leutenegger Oberholzer s'exprimera tout à l'heure au sujet de sa proposition en faveur d'une protection renforcée des employés âgés. C'est en effet une catégorie de personnel qui mérite une attention toute particulière dans le climat où nous vivons.

Pour relever les défis des mutations structurelles engendrées par la politique monétaire de la Banque nationale suisse, un renforcement des qualifications des employés est indispensable pour qu'ils puissent se maintenir à niveau et se perfectionner, mais aussi pour créer ou développer de nouvelles professions et de nouvelles formations dans de nouveaux domaines, comme par exemple celui des "cleantech".

On sait que trop souvent, malgré l'excellence de notre système de formation professionnelle, les travailleurs concernés ne parviennent pas à se former en raison d'un manque de temps disponible ou d'un manque de moyens financiers. Dans ce sens, quelles mesures concrètes le Conseil fédéral est-il prêt à prendre pour que les employeurs soient davantage incités à favoriser la formation de leurs employés, en particulier des plus âgés d'entre eux? De très bonnes pistes ont été évoquées lors de la table ronde réunie par le chef du Département de l'économie, de la formation et de la recherche, mais nous en sommes restés aux déclarations d'intention qui ne produisent pas, pour le moment, de réelles améliorations. Nous réclamons donc des mesures concrètes.

Pour redonner aux entreprises une partie des avantages de compétitivité qu'elles ont perdus, le soutien à l'innovation est bien sûr primordial, en particulier l'octroi de moyens [PAGE 1749] supplémentaires à la Commission pour la technologie et l'innovation. Nous avons lu avec beaucoup d'intérêt que le Conseil fédéral était prêt à le faire. Notre question est de savoir quel est le montant que ce dernier serait prêt à libérer pour cette opération qui devrait porter ses fruits à moyen terme.

Enfin, même si les gains de change semblent avoir été mieux répercutés auprès des consommateurs qu'en 2011, nous sommes d'avis que la loi sur les cartels devrait être révisée de façon urgente pour améliorer la situation. Vu la conjoncture actuelle qui semble devoir durer, comme l'ont déjà dit certains préopinants, le Conseil fédéral est-il disposé à rouvrir ce dossier dans l'intérêt des consommateurs?

Nous vous remercions d'avance pour vos réponses.