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Schmied Walter · Nationalrat · 2002-03-05

Schmied Walter · Nationalrat · Bern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2002-03-05

Wortprotokoll

Je m'exprime ici clairement au nom du groupe de l'Union démocratique du centre. L'allocation d'un crédit-cadre d'un montant de 1500 millions de francs pour l'engagement de la Suisse en faveur de l'aide humanitaire mérite tout notre soutien. Ce soutien d'un montant significatif est toutefois tributaire de la question de l'efficacité rencontrée sur le terrain. Si l'efficacité n'est pas donnée, on peut admettre que ce montant est relativement exagéré; par contre, si l'efficacité sur le terrain peut être démontrée, on peut alors convenir que même 1500 millions de francs sont relativement modestes. Or, l'efficacité sur le terrain dépend et présuppose le respect de quelques conditions-cadres. D'abord, il y a l'analyse que l'on fait en fonction des éléments rencontrés sur le terrain, et cette analyse doit être pertinente. Il y a aussi le facteur de la spontanéité: on attend de la Suisse et de ses organes qu'ils soient présents non pas 72 heures après un tremblement de terre, mais qu'ils le soient le plus rapidement possible; il en est de même dans les domaines qui relèvent des confrontations politiques et guerrières. Mais il y a aussi la présence sur le terrain qui est importante, la présence non pas physique de nos hommes et de nos femmes, mais une présence qui incite à la confiance mutuelle, au respect des traditions et, en finalité, à relever les valeurs humaines. Ensuite, un autre facteur qui n'est pas le moindre, c'est l'acceptation du risque, cela signifie que les gens qu'on envoie sur le terrain et qu'on finance avec ce 1,5 milliard de francs soient prêts à assumer le risque au péril de leur vie parfois - je souhaite aussi rarement que possible -, mais c'est bien cela le prix à payer.

Ensuite, un autre facteur incontournable, celui de l'impartialité sur le terrain: j'entends par là que l'on doit dépolitiser cette aide, que l'on doit travailler et oeuvrer pour le bien des populations civiles, indépendamment de savoir si des tyrans sont en position de force au niveau des leviers politiques.

En finalité, c'étaient des critères et des remarques que j'adressais à M. Deiss, conseiller fédéral. J'adresse maintenant une seule remarque à MM. Walter Fust et Toni Frisch. J'attends de vous que vous soyez les blanchisseurs de l'argent qu'on vous confie sur le terrain: blanchir l'argent dans le bon sens du terme et assurer que cet argent ne serve pas la politisation et les intérêts de particuliers. Notre Parlement, en libérant sa bourse aujourd'hui, mènera une fois de plus son action dans la continuité, en unissant son coeur avec le [PAGE 45] coeur et les sentiments des plus démunis de la planète. L'aide humanitaire, telle que nous l'avons structurée au cours des décennies, est une composante complémentaire à l'action que mène notre pays en faveur du CICR. Souvenons-nous qu'aujourd'hui encore, 24 pour cent des habitants de la planète, tous continents confondus, doivent se satisfaire de moins de 1 dollar par jour pour tenter de survivre péniblement. Dès lors, inutile d'évoquer les difficultés de ces mères et de ces pères de famille, familles souvent nombreuses de surcroît, lorsqu'elles sont éprouvées par les cataclysmes d'ordre naturel, climatique ou guerrier. La discussion d'aujourd'hui se limite donc exclusivement à l'aide humanitaire, sachant que le crédit-cadre pour la coopération au développement nous sera soumis l'année prochaine, et l'on sait que ce dernier sera encore plus substantiel puisqu'il sera de l'ordre de 4 milliards de francs.

Nous sommes conscients de l'importance du montant que nous allons libérer tout à l'heure. Ce crédit est la résultante d'une augmentation de 450 millions de francs par rapport au crédit-cadre dernier. Nous avons pris acte de ce fait significatif dû, notamment, comme cela a été relevé, à l'intégration dès à présent du financement des frais du Comité international de la Croix-Rouge, à raison de 280 millions de francs. Dans une certaine mesure, le groupe de l'Union démocratique du centre regrette que l'arrêté fédéral sur le soutien accordé au budget siège du CICR devienne ainsi caduc. Alors, Monsieur le Conseiller fédéral, le groupe de l'UDC, et moi en particulier, attendons des garanties de votre part.

Nous souhaitons des garanties allant dans le sens d'assurer et à la Croix-Rouge et à l'aide humanitaire générale la part du lion qui leur revient. Nous ne saurions tolérer un bras de fer entre les deux secteurs intéressés quant à l'attribution des fonds du fait qu'on abolit un des arrêtés.

Une première décision allant dans le bon sens a été prise en commission dès lors qu'on a admis notre proposition d'évoquer du moins textuellement les intérêts de la Croix-Rouge dans le nouvel arrêté qui sert de base à l'octroi du crédit de 1,5 milliard de francs et qui fait l'objet de nos discussions.

Convaincus que nous sommes d'une Suisse généreuse en matière de soutien humanitaire, nous sommes conscients que cette aide doit être coordonnée sur le terrain. L'action doit donc être menée sur deux fronts, à savoir l'action bilatérale et l'action multilatérale. Cette dernière représente dans le cas de figure 550 millions de francs, laissant une large place à l'aide bilatérale, domaine où la Suisse excelle, et c'est de bonne augure.

Au nom du groupe de l'Union démocratique du centre, je vous invite à accepter le crédit de 1,5 milliard de francs, et je remercie au nom du groupe les acteurs sur le terrain qui sont aujourd'hui sur les arrière-bancs de notre salle.