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Deiss Joseph · Bundesrat · 2002-03-06

Deiss Joseph · Bundesrat · Freiburg · 2002-03-06

Wortprotokoll

C'est bien volontiers que je vous donne quelques informations supplémentaires sur la situation en Colombie, notamment sur les activités que la Suisse peut déployer dans le cadre des efforts en vue de trouver une solution pacifique à ce conflit. Depuis le mois de mars de l'année passée, la Suisse fait partie de la commission internationale de facilitation à la table de négociation du processus de paix entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui sont un des mouvements opposés au gouvernement. Cette commission est composée de dix pays: Canada, Cuba, Espagne, France, Italie, Mexique, Norvège, Suède, Venezuela et Suisse. Bien que l'internationalisation des deux processus de paix avec l'Armée de libération nationale (ELN), qui est une autre faction importante, et avec les FARC soit un pas très important pour le développement des négociations, il faut préciser que la marge de manoeuvre pour les pays est limitée. Le rôle de la communauté internationale se restreint à la facilitation entre les parties et ne comprend pas une médiation à proprement parler, mais elle devrait garantir la consolidation des résultats atteints jusqu'à présent dans le cadre du processus de paix et aussi garantir l'irréversibilité du dialogue.

En ce qui concerne le processus de paix avec l'ELN, on peut dire qu'il avance d'une façon satisfaisante après une période de crise et laisse espérer la conclusion d'un accord pour la diminution de l'intensité du conflit, et peut-être d'un cessez-le-feu dans les prochains mois. En novembre, les parties ont signé à La Havane un programme chronologique qui inclut des forums thématiques organisés par les cinq pays amis. Il [PAGE 76] faut savoir que pour l'ELN, le groupe de facilitateurs est formé de cinq pays dont la Suisse. La Suisse a offert d'ailleurs d'être l'Etat hôte pour une rencontre sur le droit international humanitaire à Genève, et cela devrait avoir lieu ce printemps. Le développement de ce processus reste bien entendu influencé par les élections présidentielles en Colombie qui auront lieu au mois de mai de cette année.

En ce qui concerne le processus avec les FARC, il est dans une crise totale. Vous le savez sans doute à travers les médias, le processus de paix entre les FARC et le gouvernement colombien a pu être sauvé en janvier passé uniquement grâce à l'engagement de la commission internationale de facilitation. Après une vague de violence dans les dernières semaines et l'enlèvement d'un cinquième parlementaire par les FARC, le président Pastrana a rompu les négociations sous la pression de l'opinion publique et a révoqué le statut politique des membres des FARC ainsi que le statut de zone démilitarisée qui avait été créé en vue de donner des possibilités de négociation. Dans son discours du 20 février 2002, le président Pastrana était clair: malgré l'intervention militaire, les portes restaient ouvertes pour une solution politique négociée en cas d'une volonté sérieuse des guérillas. Un nouveau processus de paix avec les FARC ne va plus se dérouler en Colombie, mais dans un pays ami. Par ailleurs, les FARC ont continué à nous affirmer ces derniers jours leur volonté d'arriver à une solution négociée de la crise, en remerciant l'engagement de la Suisse. La participation de la communauté internationale sera indispensable pour une reconstruction de la confiance entre les parties.

En ce qui concerne le Plan Colombie que vous avez évoqué aussi dans votre intervention, nous avions déjà signalé dans notre réponse les réserves qui existaient par rapport à cette démarche. Nous étions nous-mêmes très réservés face à ce Plan Colombie, et cette position, c'est peut-être ce qu'il y a de nouveau, a été confirmée lors de la 3e conférence internationale de soutien au processus de paix colombien, qui s'est tenue à Bruxelles le 30 avril de l'année passée, sous l'égide de l'Union européenne.

Voilà ce que l'on peut dire de nouveau au sujet de ce processus de paix, pour autant qu'on puisse encore à l'heure actuelle le qualifier de tel, et il faut bien dire que la situation, pour les pays qui souhaiteraient intervenir en tant que facilitateurs ou médiateurs, est relativement difficile. Néanmoins, le Conseil fédéral entend poursuivre sa politique par rapport à la Colombie, et les gens que nous avons sur place, je crois, sont très bien reliés aux diverses parties en cause, et nous espérons toujours que notre apport puisse être fructueux.

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