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Nordmann Roger · Nationalrat · 2015-12-16

Nordmann Roger · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-12-16

Wortprotokoll

L'initiative "AVS plus" est une réponse efficace à l'affaiblissement de la prévoyance professionnelle. Quel est le problème? Une succession rapide de crises financières a eu un impact si négatif sur le rendement de la fortune que, en dix ans, le niveau des nouvelles rentes a baissé de 11 pour cent. Je m'explique.

En 2003, avec un capital de retraite de 100 000 francs, la personne qui partait à la retraite obtenait en moyenne une rente annuelle de 7100 francs. En 2013, avec le même capital de retraite de 100 000 francs, elle n'obtenait plus qu'une rente annuelle de 6300 francs. Il s'agit donc d'une perte sèche de 800 francs par an soit 11 pour cent de la rente du deuxième pilier. Cette évolution est d'autant plus injuste que, pour accumuler ce capital dans sa caisse de pension, le retraité de 2013 a dû cotiser davantage que celui de 2003, parce que son compte de prévoyance a été moins bien rémunéré que celui de son aîné.

Pour rétablir le niveau des rentes, on pourrait évidement décider d'augmenter les cotisations de la prévoyance professionnelle, afin d'arriver à un capital plus élevé au moment du départ à la retraite. Toutefois, au vu du faible rendement des placements des caisses de pension et des frais de fonctionnement astronomiques du deuxième pilier qui engloutit tout de même 6,4 milliards de francs de frais d'administration et de gestion chaque année, ce ne serait pas efficace. En effet, les cotisations sont destinées aux retraites et non à nourrir l'administration des caisses et leurs conseillers en placements.

Pour résoudre le problème de cette diminution des rentes et leur garantir un niveau correct malgré l'affaiblissement du deuxième pilier, nous préférons miser sur l'AVS, car celle-ci est très efficace. J'aimerais souligner les trois principales raisons pour lesquelles l'AVS est si efficace.

Premièrement, l'administration de l'AVS ne coûte que 600 millions de francs par an, soit un dixième du coût annuel de la gestion du deuxième pilier. Dans l'AVS, plus de 98 pour cent de l'argent encaissé retourne aux assurés sous forme de rentes.

Deuxièmement, l'AVS est très résistante au vieillissement démographique, parce que, année après année, la croissance de la productivité du travail et des revenus augmente le produit des cotisations et consolide le financement de l'AVS. La meilleure preuve de cet effet est que le taux de cotisation de l'AVS est à 8,4 pour cent depuis 1975. Il a suffi principalement d'un pour cent de TVA additionnel en 1999 pour maintenir en équilibre les finances de l'AVS. Cela est d'autant plus remarquable qu'à l'époque, en 1975, on vivait en moyenne 16 ans après le départ à la retraite tandis qu'on vit aujourd'hui en moyenne 21 ans. On a donc gagné cinq années de vie, et l'AVS a réussi à financer cela sans augmenter les cotisations.

Autre phénomène étonnant: en 1975, il y avait 1 million de rentiers dans le pays; aujourd'hui, il y en a 2,2 millions. L'AVS a réussi à absorber l'augmentation non seulement de la durée de vie, mais aussi du nombre de retraités. Cela démontre la solidité du système de financement de l'AVS et son adaptabilité au vieillissement démographique.

Troisièmement, l'AVS est un instrument très efficace pour réduire la pauvreté des retraités, grâce à un principe arithmétique tout simple: les revenus du travail, y compris celui des indépendants et les bonus - y compris le dernier bonus du trader le plus rapace - sont entièrement soumis à cotisation, jusqu'au dernier million. Cela assure des recettes suffisantes pour financer des rentes qui vont de 1175 à 2350 francs pour une personne seule, et jusqu'à 3510 francs par mois pour un couple.

En plus d'être diablement efficace, ce financement solidaire rétablit une certaine justice à l'issue de la vie active, qui se caractérise - comme nous le savons - par de grandes différences de revenus du travail.

Pour toutes ces raisons, nous pensons qu'il faut davantage miser sur l'AVS pour conserver un bon système de retraite qui remplisse son rôle fondamental, soit de permettre à chacune et chacun de vivre une retraite à l'abri de la grande pauvreté. La population n'acceptera les difficiles ajustements mathématiques du deuxième pilier que si l'AVS est en mesure de compenser au minimum les pertes et même d'assurer une légère amélioration du niveau de vie des retraités modestes, c'est-à-dire de ceux, très nombreux, dont l'AVS est le principal revenu.

L'initiative "AVS plus", que je vous demande de recommander au peuple et aux cantons d'accepter, est l'instrument le plus efficace et le plus économique pour garantir des rentes dignes. Je vous remercie donc de la soutenir.

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