Lexipedia

Fournier Jean-René · Ständerat · 2016-03-07

Fournier Jean-René · Ständerat · Wallis · CVP-Fraktion · 2016-03-07

Wortprotokoll

J'aimerais ici apporter le témoignage d'un membre de la commission qui n'a certainement pas succombé aux capacités hypnotiques de notre armée pour vous rappeler quelques chiffres et l'évolution réelle des dépenses militaires ces dernières années.

En 1991, le budget de la Confédération s'élevait à quelque 39 milliards de francs. Cette année, en 2016, ce budget approche le montant de 67 milliards de francs. L'ensemble des dépenses de la Confédération a donc connu une tendance à la hausse de 75 pour cent entre 1991 et aujourd'hui. Si nous considérons maintenant l'évolution des dépenses militaires, nous constatons qu'en 1991, la somme des dépenses pour l'armée s'élevait à 6,1 milliards de francs. Aujourd'hui, ce montant se chiffre à 4,7 milliards de francs et nous allons [PAGE 94] décider tout à l'heure, je l'espère, de le fixer à 5 milliards de francs.

Alors que les dépenses générales ont connu une augmentation de 75 pour cent, les dépenses militaires ont donc diminué de 28 pour cent. Or, je crois savoir, en toute honnêteté, que la situation sécuritaire du pays, compte tenu également de l'évolution du contexte dans des contrées qui nous sont assez proches, ne s'est pas beaucoup améliorée entre 1991 et aujourd'hui mais, au contraire, s'est plutôt péjorée. D'autres formes de menaces se sont développées et je considère qu'il serait responsable d'arrêter une enveloppe globale pour l'armée qui permette à la fois de faire de la planification financière et de la planification en termes d'acquisitions.

Je rappelle ici que l'armée est sous-équipée - tout le monde le sait -, à tel point qu'on peut se poser la question de savoir si cette dernière pourra encore remplir sa mission constitutionnelle si on la laisse dans cet état. Il est dès lors de notre responsabilité, aujourd'hui, d'arrêter cette enveloppe à 20 milliards de francs. Vous pouvez être sereins, ce n'est pas une décision exagérée du point de vue financier, ne serait-ce qu'au regard de l'évolution des dépenses militaires ces quinze dernières années.

Je vous enjoins à suivre la proposition défendue par la majorité de votre commission.