Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2016-06-02
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2016-06-02
Wortprotokoll
Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, ce sont plus de [PAGE 804] 60 millions de personnes qui sont déplacées. Les crises humanitaires deviennent plus complexes, plus longues et plus meurtrières. Ce n'est pas le moment de couper dans ces crédits d'une importance nationale et internationale. Les mesures d'aide d'urgence et de reconstruction soutenues par la Suisse atteignent directement plus de 3 millions de personnes par an. Si on ne fournit pas de tentes, par exemple, aux réfugiés dans les pays proches des conflits, ces derniers seront obligés de se déplacer plus loin, pour pouvoir mettre leur famille à l'abri.
Nous savons que la pauvreté provient en très grande partie de problèmes en lien avec l'agriculture. L'aide suisse a permis d'améliorer la sécurité alimentaire de plus de 10 millions de petits paysans et de leurs familles. Contrairement à l'attitude de certains agriculteurs UDC, qui veulent simplement baisser les moyens de la Direction du développement et de la coopération, je connais plusieurs organisations paysannes suisses qui viennent en aide aux paysans du Sud, comme l'association "Les paysans solidaires". On ne peut pas opposer les crédits de l'aide au développement et ceux de l'agriculture suisse. Les paysans suisses devraient être de ceux qui comprennent le mieux la problématique de leurs congénères du Sud. Pourquoi pas plus d'élan de solidarité à leur égard?
Ma minorité III demande simplement de respecter le vote du Parlement de 2011, qui enjoint au Conseil fédéral de fixer les moyens de l'aide au développement à 0,5 pour cent du revenu national brut. Cet objectif a été atteint en 2015, mais aujourd'hui le Conseil fédéral veut l'abaisser à 0,48 pour cent, alors que la Suisse s'est engagée au niveau international à viser 0,7 pour cent. D'autres pays moins riches que nous font preuve d'une plus grande solidarité, puisque la Grande-Bretagne a été au-delà de 0,7 pour cent, tout comme le Danemark, avec 0,85 pour cent, tandis que la Suède, la Norvège et le Luxembourg ont même presque atteint, voire dépassé, 1 pour cent du revenu national brut.
Je le répète, cet argent est de l'argent bien investi. Je vous demande donc d'accepter ma proposition, qui est raisonnable.