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Berset Alain · Bundesrat · 2016-06-16

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2016-06-16

Wortprotokoll

La question que pose Monsieur Berberat dans son interpellation nous rappelle l'importance des langues nationales, de leur promotion et de la compréhension mutuelle entre les communautés linguistiques. Elle nous rappelle aussi que cela constitue un des piliers de la politique intérieure de notre pays.

Je suis un peu désolé, je ne peux pas le dire autrement, si ma réponse a pu paraître un peu sèche - surtout qu'il est peut-être l'heure de boire quelque chose. Par mon intervention, je souhaite pourtant pouvoir apporter encore quelques éléments de contenu ou de réflexion sur cette importante question.

Quels sont les moyens dont nous disposons? Qu'est-ce qui peut être fait ou encore développé dans les domaines que vous citez, Monsieur Berberat? Je pense notamment à l'armée, à l'enfance et à la jeunesse, à la promotion des langues et à la compréhension entre les communautés linguistiques. Dans la réponse écrite que vous avez reçue, nous avons déjà rappelé quelles étaient les activités existantes. Pour tout vous dire, je trouve que, dans le domaine de l'armée, un certain nombre de choses se font déjà. Nous avons un certain nombre de choses qui sont réalisées. Des mesures importantes existent déjà. Nous sommes d'avis que les efforts dans ce cadre sont déjà importants et diversifiés. Nous sommes également d'avis que le coût des cours de langue, généralisés à tous les soldats, serait démesuré. Il faut noter que nous avons déjà environ 1200 formations dans le domaine de l'armée et que quasiment la moitié de ces formations sont bilingues ou trilingues, sont réalisées dans deux ou trois langues. Cela signifie que, dans le domaine de l'armée, des efforts importants sont déjà réalisés. Vous ne trouverez pas beaucoup d'autres domaines avec un taux aussi élevé de formations bilingues ou trilingues.

J'aimerais aussi rappeler ici que - et c'est un constat et non un jugement de ma part - l'armée est constituée à 98 ou 99 pour cent d'hommes. Les femmes ne sont pas "captives" dans les cours que vous mentionnez, Monsieur Berberat, et on doit aussi se poser la question de savoir s'il est justifié d'exclure ainsi à peu près la moitié du pays de cette offre de cours que vous souhaiteriez développer de manière plus approfondie.

Il y a d'autres domaines qui sont très importants et qui ont été mentionnés, notamment dans l'encouragement de l'enfance et de la jeunesse. Là, le plurilinguisme est valorisé pour les activités qui sont soutenues sur la base de la loi sur l'encouragement de l'enfance et de la jeunesse. Il existe notamment des soutiens financiers aux organisations, compte tenu du fait qu'elles sont actives dans plusieurs régions linguistiques, qu'elles communiquent avec leurs membres dans plusieurs langues nationales. Le plurilinguisme est un élément important, et c'est aussi un élément qui est pris en compte lors de l'attribution d'aides financières pour la formation, le perfectionnement et le dépôt de projets.

Enfin, vous avez eu l'occasion, l'année passée, de débattre du message culture 2016-2020 du Conseil fédéral. Dans ce cadre, un fort accent avait été mis sur les échanges scolaires. Sur ce point-là, je dois le reconnaître, il y a encore des efforts à faire et ils sont en cours. Nous avons reconnu qu'il y avait là une nécessité d'agir pour obtenir des résultats plus probants, plus concluants. Ce sont des réflexions et des travaux qui sont en cours. Vous aurez remarqué également que, dans le cadre du message culture, vous avez adopté et encouragé une promotion plus forte des langues nationales, particulièrement de la langue italienne. Des moyens financiers relativement conséquents ont été investis à cette fin de promotion des langues nationales. C'était un peu plus de 13 millions de francs en 2015. Nous sommes d'avis que nous disposons donc d'outils, d'instruments; il faut investir ces moyens avec le plus d'efficience possible. Faire avancer le soutien existant aux langues nationales reste une préoccupation constante.

Je ne vais pas rouvrir la discussion avec vous sur la question de l'enseignement des langues à l'école primaire. C'est évidemment une question importante, qui a déjà donné lieu à des discussions dans votre conseil. Mais je dois dire que le Conseil fédéral a rappelé à plusieurs reprises que l'enseignement des langues nationales dès l'école primaire, et pour toute la durée de la scolarité obligatoire, était indispensable pour garantir une bonne maîtrise de ces langues, pour renforcer la cohésion nationale et la nécessaire compréhension entre les communautés linguistiques. Pour autant, on ne veut pas non plus négliger le plurilinguisme en dehors du cadre scolaire, qui est également un élément très important. Il ne s'agit donc pas seulement de l'école.

Monsieur Berberat, je prends note de l'idée que vous lancez d'un prix de la cohésion nationale - c'est comme cela que vous l'avez appelé, je crois. C'est une idée qu'on peut analyser, qu'on peut discuter. La question qui doit se poser est celle de savoir ce qu'on arrive ainsi à faire bouger.

Dans un autre domaine, à savoir le domaine culturel, une politique des prix s'est développée; elle vise vraiment à soutenir des scènes existantes au stade du développement des projets. Le prix que vous proposez serait plutôt un prix, non pas, ex ante, pour pousser une carrière, mais ex post, pour reconnaître un effort particulier. Peut-être que l'idée d'un prix n'est pas celle à suivre, c'est à voir. Mais j'ai pris note du fait qu'on devrait, peut-être, aborder ces questions de manière plus créative et un peu moins sèche - Monsieur Hefti a dit "etwas gar trocken" - et garantir un meilleur soutien aux langues nationales. C'est une préoccupation constante; nous poursuivons nos travaux.