Derder Fathi · Nationalrat · 2016-06-16
Derder Fathi · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2016-06-16
Wortprotokoll
Le thème que nous abordons ici ne fait pas la une des journaux, mais c'est un thème extrêmement important, stratégiquement important. On parle des drones solaires de haute altitude. Ce sont des aéronefs qui ne volent pas encore de manière efficace et réelle, mais pour lesquels de grandes entreprises comme Google ou Airbus investissent aujourd'hui des centaines de millions de dollars ou d'euros dans la recherche, en développant des prototypes.
Nous avons aujourd'hui la possibilité, avec ce postulat, d'étudier et d'approfondir ce domaine très spécifique qu'est celui des drones solaires de haute altitude. Quel est l'enjeu? L'enjeu est simplement, à terme, de remplacer ou d'avoir une alternative aux satellites, nettement moins coûteuse et également plus écologique, puisqu'on a besoin de nettement moins de moyens pour faire décoller ou mettre en orbite le satellite. En l'occurrence, le drone solaire pourrait simplement décoller, voler à une altitude de quelques milliers de mètres pendant quelques mois, voire quelques années, et ensuite réatterrir à nouveau.
Cela concernerait des secteurs stratégiques comme la communication, ou la surveillance. Donc, on le voit, c'est un élément extrêmement pointu et extrêmement important dans de nombreux domaines, comme la surveillance ou la sécurité. De plus, la Suisse a développé de vraies compétences en la matière. Nous avons d'une part de nombreuses petites entreprises, de start-up très actives dans le domaine des drones. Mais nous avons également un projet, qui fait le tour du monde actuellement, qui s'appelle Solar Impulse, qui arrive à faire voler à plusieurs milliers de mètres d'altitude un appareil à l'énergie solaire. C'est quelque chose qu'on ne perçoit pas nécessairement bien, quand on est en Suisse, mais il faut savoir que nous sommes les seuls à réussir cet exploit aujourd'hui.
Et ce serait une bonne chose que la Suisse, que le Conseil fédéral, s'intéresse de plus près à ce projet, non pas seulement par le biais du Département fédéral des affaires étrangères, comme il le fait aujourd'hui, mais également au sein du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication, en voyant de quelle manière nous pouvons, en Suisse, récupérer le savoir-faire qui a été développé par les ingénieurs de Solar Impulse. C'est un savoir-faire qui intéresse des entreprises comme Google - c'est une certitude -, ou des entreprises comme Airbus, et peut-être que nous pourrions, au sein de la Confédération, nous y intéresser également de près.
J'ai lu la réponse du Conseil fédéral, qui est assez convaincante. Visiblement, il y a une vraie prise de conscience des enjeux de ce secteur, qui concerne strictement le DETEC. Je pense toutefois que l'on peut aller plus loin, en analysant tous les domaines d'application, que ce soit en matière de surveillance ou de sécurité - comme je l'évoquais tout à l'heure -, ainsi que toutes les technologies qui pourraient être embarquées sur les drones solaires à haute altitude et qui relèvent de compétences d'autres départements que le DETEC.
Pour toutes ces raisons, je vous invite à soutenir mon postulat.