Burkhalter Didier · Bundesrat · 2016-09-15
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2016-09-15
Wortprotokoll
Il vaut la peine de s'exprimer sur cette proposition, même si cela peut paraître long, car c'est un point très important. Tout d'abord, la proposition de la commission est plus précise que la formulation choisie par le Conseil national. C'est un point important, car cela constitue en quelque sorte une ligne directrice pour les prochaines années, et il faut que, sur ce point, les choses soient claires et précises. Elle correspond en plus à la volonté du Conseil fédéral, qui n'est pas de dire "Tout va très bien, Madame la marquise" en la matière.
Nous sommes conscients qu'il y a une amélioration et une intensification à faire en termes de conditionnalité stratégique et de cohérence. Il faut donc augmenter la cohérence là où les intérêts de la Suisse sont en jeu, qu'elle soit basée sur le dialogue et la coopération. Il ne faut surtout pas une conditionnalité trop stricte, car nous sommes convaincus qu'elle irait à l'encontre des intérêts de la Suisse. Une conditionnalité trop stricte a souvent pour effet de fermer la porte entrouverte, d'ôter la possibilité d'obtenir un partenariat migratoire avec les pays, voire un accord. Si on n'arrive pas à quelque chose de très formel en matière de réadmission, il y a toutefois dans certains cas une certaine ouverture pour donner les documents nécessaires, et la possibilité de régler les problèmes de façon pragmatique. Si on exagère dans la conditionnalité, les portes se ferment, et la situation est pire pour la Suisse. Par conséquent, nous souhaitons avoir cette marge de manoeuvre.
Et puis, la proposition faite par la commission est très intéressante, car elle met l'accent aussi sur l'importance qu'il y a à s'intéresser aux causes des conflits et des migrations, ce qui correspond exactement à la philosophie du message. C'est pourquoi le Conseil fédéral peut s'y rallier.
J'aimerais saisir brièvement l'occasion de vous dire que nous faisons et ferons davantage ce lien stratégique au niveau politique, au niveau géographique et au niveau thématique. Très brièvement, au niveau politique, cela veut dire qu'on recherche ces partenariats, même si cela passe souvent par des accords un peu plus modestes. Nous visons actuellement le Sri Lanka, je l'ai dit, mais aussi le Sénégal.
Au niveau géographique, on a décidé de mettre l'accent sur les contextes fragiles et d'augmenter les moyens en Afrique et au Moyen-Orient. Par conséquent, on a déjà commencé à faire ce lien au niveau géographique, pour plus de résilience, pour éviter des migrations forcées quand cela est possible. Et aujourd'hui déjà, nous sommes présents dans les principaux pays de provenance des requérants d'asile.
Au niveau thématique, cela concerne tous les programmes globaux. On a parlé tout à l'heure de la formation professionnelle et de l'éducation, en particulier. Dans ces domaines aussi, par le biais de ce projet, on va faire davantage - clairement davantage - si le cadre budgétaire permet de confirmer les décisions prises.
Je vous remercie de soutenir la proposition de la commission.