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Brélaz Daniel · Nationalrat · 2016-09-20

Brélaz Daniel · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2016-09-20

Wortprotokoll

La Commission des finances arrive à la même conclusion que la Commission de la politique de sécurité, mais pas avec le même enthousiasme. En effet, si nous analysons ce projet depuis le départ, nous nous apercevons que, compte tenu de la vitesse à laquelle les technologies évoluent, il est inadéquat d'étaler un projet informatique ou de télécommunication sur quinze ans. Au cours des quinze dernières années, on a eu entre trois ou quatre révolutions technologiques, aussi bien [PAGE 1449] dans l'informatique que dans les télécommunications. C'est le passé et on ne peut bien sûr pas le refaire.

Il n'en reste pas moins que, du point de vue des investissements, de la logique, de la compatibilité des réseaux, on a dû ainsi résoudre un certain nombre de problèmes qui ne se seraient certainement pas présentés si la mise en application avait été plus dense. C'est la première de nos critiques.

La deuxième critique se rapporte au montant. Le montant de 159 millions de francs concerne la mise à niveau, la sauvegarde. Mais, si on ne change pas de système, on est parti plutôt pour un ordre de grandeur de 500 millions de francs jusqu'en 2030. Mais, est-il possible de ne pas changer de système, de "reblétzer" - comme on dit en français régional - ce système à l'infini en y rajoutant tous les particularismes helvétiques possibles au fur et à mesure? Du point de vue financier aussi bien que du point de vue technologique, c'est pour le moins discutable. En effet, il serait assez urgent de réfléchir à l'après Polycom. Bien sûr, dans l'urgence, on n'a pas d'autre choix que de voter le crédit,tout simplement parce qu'il n'est pas question de créer des problèmes majeurs à tous ceux qui ont fini par s'y brancher, que ce soit dans la protection civile, dans la police ou dans toutes les autres institutions qui sont liées à Polycom.

Mais il est aussi clair que le Conseil fédéral devrait prendre très rapidement en main ce qui se passera après Polycom. A une époque où la Chine est en train d'inventer les télécommunications quantiques en prenant même de l'avance sur les Américains et sur l'Europe - je ne sais pas ce que cela donnera dans la pratique, mais on est à des années-lumière de Polycom d'un point de vue technique -, il est clair qu'on doit réfléchir à la suite.

Quand on réfléchit à la suite, il ne s'agit pas de chercher la solution la plus chère possible qui fasse plaisir à tous ceux qui ont envie de maintenir à long terme un particularisme helvétique - parce que c'est bien ce qu'on a vécu jusqu'à maintenant avec ce projet. Au contraire, pour le successeur de Polycom, qui devrait être préparé non pas pour 2040 ou 2050 - cela représenterait sept générations informatiques et de télécommunication - mais pour au plus tard 2020 ou 2025, il est évidemment indispensable que l'on se tienne au courant des technologies nouvelles, bien sûr, mais également que l'on trouve un système suffisamment simple. Celui-ci ne devra pas prendre en compte toutes les manies de chacun afin que les utilisateurs ne doivent changer absolument aucune de leurs habitudes. En effet, ce qui revient le plus cher dans tous les projets informatiques ou de télécommunication, ce n'est pas le projet lui-même, mais les particularismes. Or en matière de privilège des particularismes, le développement de Polycom a fait fort ces quinze dernières années.

Nous devons donc voter ce crédit, cela ne fait aucune doute, mais nous devons aussi préparer la suite en tenant compte des évolutions technologiques les plus récentes, en évitant les particularismes qui conduisent souvent à doubler le prix final d'un projet et en demandant au Conseil fédéral d'entamer rapidement une réflexion à ce sujet.

Au nom de la Commission des finances, je vous recommande d'adopter le projet mais aussi de prendre acte de l'ensemble des critiques faites par Monsieur Schwander et moi-même au nom de cette commission.