Schmied Walter · Nationalrat · 2000-03-09
Schmied Walter · Nationalrat · Bern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2000-03-09
Wortprotokoll
Dans l'ensemble, ce volumineux rapport de près de 220 pages s'est vu décerner une bonne note par les membres de votre commission. Nos débats se sont déroulés en présence, successivement, de deux conseillers fédéraux. Il s'est agi bien évidemment de M. Couchepin, chef du Département fédéral de l'économie, ici présent, et de M. Villiger, chef du Département fédéral des finances.
Les échanges nourris ont porté sur les questions les plus diverses, ce qui m'amène à un premier constat. Les attentes placées dans un tel rapport, selon que l'on parle au nom de ses auteurs ou bien en tant que membre du Parlement, ou encore que l'on défende les thèses de la gauche ou celles de la droite, font qu'elles divergent parfois sensiblement. C'est bien dans cela que réside le débat politique, car si nous devions un jour partager tous un même point de vue sur une question aussi importante, ce serait la démonstration que la Suisse est tombée en léthargie.
Or, le contexte en matière d'économie politique évolue rapidement, et cela m'amène à mon deuxième constat. Le présent rapport s'imprègne du raffermissement de l'économie mondiale, ressenti en Suisse également. En effet, au bénéfice d'une reprise remarquable des exportations en direction de l'Asie, des pays d'Europe centrale et des pays de l'OPEP, toutes les branches exportatrices de notre économie ont pris un nouvel essor, avec une prépondérance pour la chimie et l'horlogerie.
Troisième constat: il est permis de l'affirmer, la politique économique de notre pays est bien orientée, Monsieur le Conseiller fédéral, aussi bénéficie-t-elle d'une politique monétaire remarquablement maîtrisée par la Banque nationale suisse. Lorsque les finances fédérales seront assainies, l'ombre menaçant le principe même de toute économie se sera dissipée, même s'il nous reste encore un bout de chemin jonché d'embûches à parcourir.
Notre commission a abordé toutes les questions imaginables. J'en citerai quelques-unes au hasard: crise asiatique, globalisation, OMC, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, Banque mondiale, FMI, écologie et pétrolier Erica, développement, aide humanitaire, aide en cas de catastrophe, chômage, accord multilatéral sur l'investissement, Union européenne, EEE, réglementation du marché de l'électricité, AELE, G7, G10 dont la Suisse est membre comme onzième pays, désendettement, droits de l'homme, Chiapas, Pinochet, ONG et leurs droits, barrage d'Ilisu en Turquie et celui des Trois-Gorges en Chine, mesures compensatoires de l'achat des F/A-18, et j'en passe.
Votre commission n'a donc pas chômé, mais je m'empresse de préciser que la discussion de cette année s'est de nouveau concentrée sur les problèmes inhérents à l'OMC, qui tenaient, à tort ou à raison, le haut du pavé. Contrairement au rapport 1998, le rapport 1999 passe totalement sous silence le sort des petites et moyennes entreprises, lesquelles constituent pourtant l'essentiel du tissu de notre économie intérieure. Il est indispensable, selon certains membres de la commission, de tendance de droite comme de gauche, de resserrer le lien entre la politique économique extérieure et la politique économique intérieure de notre pays,
la première étant sans conteste tributaire de la deuxième. A preuve, les entreprises comptant moins de cinquante employés ont connu une croissance plus forte entre 1986 et 1991 que les grandes sociétés. Durant la récession qui a suivi, soit de 1991 à 1995, elles ont moins fortement régressé. C'est dire que les PME sont plus dynamiques en période de relance économique et plus résistantes en période de récession, facteur établi dont il faudra tenir compte dans notre débat.
Quatrième constat. Nous convenons, de concert avec les auteurs du document, que nous discutons d'un rapport de situation - en allemand on dirait "Rechenschaftsbericht" - qui correspond à un mandat sur la base d'une loi fédérale du 25 juin 1982. Mais les temps changent et le contexte économique évolue. Nous suggérons donc au Conseil fédéral de faire preuve d'ouverture et d'intégrer dans une prochaine édition un chapitre portant sur une analyse globale, avec des conclusions relatives aux corrections à effectuer et aux démarches à entreprendre en vue d'ouvrir des perspectives nouvelles à notre économie d'exportation. Le Conseil fédéral se déclare disposé à entrer en matière sur notre requête et nous l'en félicitons.
Le rapport sur la politique économique extérieure devrait donc être en fait un document de travail, lequel, sur la base d'un constat établi, aboutira à des propositions concrètes en vue d'un affermissement de l'économie en général.
Toute autre approche relève d'un intérêt limité. Les éditions futures peuvent nous être présentées dans une version moins volumineuse et structurée sur le modèle d'autres pays, mais elles devraient non seulement démontrer l'évolution classique des exportations - citation quelque peu simplificatrice, mais évocatrice, d'un membre de la commission -, mais également aborder les questions ayant trait aux orientations futures des grands marchés et la position de la Suisse en matière de ce qu'il est convenu d'appeler "new economy", entendez par là l'informatique, la télématique, la robotique, la bionique, etc. Il est impératif de saisir toutes les opportunités qui s'offrent à nous, car d'autres pays européens et d'ailleurs s'en préoccupent aussi.
J'en arrive à mon cinquième et dernier constat. Avec la montée des pays en développement, les pays d'Asie et la Chine pour ne citer qu'eux, la Suisse va perdre en importance économique. D'ici une année, l'Inde, se situant juste derrière la Suisse sur le plan de l'économie mondiale, nous aura probablement déjà dépassés, eh oui! La Suisse se doit d'agir en élaborant un concept favorisant la production à l'intérieur de nos frontières et en rendant opérationnelle une stratégie collective de conquête des marchés. Le rapport sur la politique économique extérieure constitue un instrument idéal pour esquisser les bases d'une telle pratique.
J'ai le plaisir de remercier ici les représentants du Conseil fédéral qui ont été présents au cours de nos débats et qui ont su répondre avec maîtrise à nos questions.
Au nom de la commission, je vous invite à prendre acte du présent rapport.