Cottier Anton · Ständerat · 2002-03-04
Cottier Anton · Ständerat · Freiburg · Christlichdemokratische Fraktion · 2002-03-04
Wortprotokoll
Je voudrais, en ouvrant cette session, féliciter chaleureusement nos jeunes concitoyens Simon Ammann et Philipp Schoch pour leurs magnifiques médailles d'or remportées aux Jeux olympiques de Salt Lake City. Ils ont soulevé l'enthousiasme par leurs exploits. Il en va de même pour tous nos compatriotes qui ont participé aux Jeux d'hiver.
La décision prise hier par le peuple et les cantons suisses entrera dans l'histoire de notre pays. Une majorité populaire d'environ un quart de million de voix a accepté l'initiative populaire "pour l'adhésion de la Suisse à l'Organisation des Nations Unies". La Suisse occupera dès septembre la place qui lui revient dans le concert des nations, à égalité de droits avec les autres membres de la famille des peuples du monde. En votant majoritairement oui, nous avons reconnu que les valeurs proclamées par la Charte des Nations Unies étaient également les nôtres. Le vote d'hier permet à notre pays d'accepter les droits et obligations énoncés dans la Charte.
En dehors de toute alliance militaire, l'action de la Suisse en faveur de la paix, de la protection de l'enfant, des droits de la personne humaine, dans la lutte contre la pauvreté et pour la protection de l'environnement trouvera dans les travaux de l'Assemblée générale un nouveau champ d'action au bénéfice de la communauté humaine. Comme le disait Kofi Annan en recevant le prix Nobel de la paix, répondre aux besoins des êtres humains dans le besoin, voilà la mission de l'Organisation des Nations Unies au cours du siècle qui commence.
L'examen des résultats montre que la Suisse orientale, une partie de la Suisse centrale et le Tessin ont été sensibles aux arguments des opposants. Comme en 1920 lors de l'adhésion à la Société des Nations, la majorité des cantons est étroite. Je suis sûr que d'ici peu de temps notre adhésion leur apparaîtra aussi comme une régularisation de nos rapports avec la seule organisation qui soit universelle, d'autant plus que dans la lettre de candidature de la Suisse, le Conseil fédéral fera savoir que la Suisse est neutre et le restera. L'essentiel est que l'adhésion ait été décidée.
On observera que ce résultat est d'autant plus remarquable que la proportion des partisans de l'adhésion a plus que doublé depuis le vote de 1986, passant de 24,3 pour cent à 54,6 pour cent des suffrages.
Je remercie tout particulièrement le président de la Confédération, le chef du Département fédéral des affaires étrangères, M. Deiss, conseiller fédéral, les autres membres du Conseil fédéral et tous nos collègues pour leur engagement dans la campagne d'explication et de persuasion qui a été menée en faveur de cette ouverture de la Suisse. A la campagne du non à l'adhésion, les tenants du oui ont répondu en apportant aux citoyens une information sur la portée de l'adhésion.
Quant à la deuxième initiative, celle intitulée "pour une durée du travail réduite", le vote populaire montre l'attachement du corps électoral aux accords entre partenaires sociaux plutôt qu'à une réglementation constitutionnelle.