Parmelin Guy · Bundesrat · 2016-12-06
Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2016-12-06
Wortprotokoll
Je ne vais pas m'immiscer dans la querelle des loups, Monsieur Damian Müller. [GZ]
Aux yeux du Conseil fédéral, il faut réaffirmer certains principes. Il est essentiel pour nous que notre pays soit autonome en matière d'acquisition et d'analyse d'informations. C'est ce qui est d'ailleurs confirmé dans le nouveau rapport sur la politique de sécurité que votre commission traitera bientôt, votre conseil étant le conseil prioritaire pour cet objet. Cela a été relevé, et vous avez raison sur ce point Monsieur Müller, c'est d'autant plus important que nous traversons actuellement une période extrêmement agitée en matière de politique de sécurité. Il y a des changements très rapides, parfois imprévisibles. Nous faisons face à des problèmes de désinformation et de propagande, des problèmes qui s'amplifient avec les nouveaux médias. Il est donc plus que jamais indispensable pour nous de pouvoir nous procurer des informations extrêmement fiables et solides, mais ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile actuellement.
Pour cela, nous disposons de plusieurs instruments. Nous avons des experts qui travaillent sur place. Vous avez parlé des attachés de défense, je vais y revenir, des membres de la police et des spécialistes de la migration. Il y a encore d'autres canaux: la collaboration avec des services partenaires, le recours à des sources humaines ou à des moyens techniques comme l'exploration radio et par satellite. La nouvelle loi sur le renseignement nous permettra d'utiliser encore d'autres moyens. On peut naturellement envisager de renforcer ici ou là le personnel du réseau extérieur, mais nous ne pouvons pas, au niveau du Conseil fédéral, évaluer de manière unilatérale la situation et les besoins. Il faut toujours garder à l'esprit la situation en matière de ressources et fixer des priorités. Nous faisons là peut-être une différence d'appréciation avec vous, Monsieur Damian Müller: dans tous les secteurs, il y a toujours une situation idéale qu'on aimerait atteindre. On aimerait pouvoir faire ce qu'on estime idéal pour avoir les meilleurs résultats possibles. Cette règle est aussi valable dans le secteur de la sécurité.
Le Conseil fédéral estime que notre réseau extérieur fonctionne bien, que ce soit les attachés de défense, de police, de migration. Mais il est clair que là où nous estimons nécessaire d'assurer une présence, où nous avons des gens sur place, on peut peut-être encore améliorer la situation. Nous pouvons étudier certains ajustements, et je suis prêt à le faire en collaboration étroite avec les acteurs concernés, lorsque cela se justifie. Il faut que nous restions flexibles, rapides et que nous puissions nous adapter aux nouveaux besoins.
J'en viens maintenant plus spécifiquement à la question des attachés de défense puisque c'est un des points principaux de votre intervention, Monsieur Damian Müller. Cette année, j'ai eu l'occasion de rencontrer les attachés de défense et de discuter avec eux de leur travail et, surtout, de la manière dont on peut l'utiliser. Je me suis rendu à la conférence de Munich sur la sécurité et à la conférence sur la sécurité de Singapour. L'intention du département, et d'une manière générale du Conseil fédéral, est, comme je vous l'ai expliqué, de travailler de la manière la plus étroite à tous les niveaux. Cela implique de collaborer aussi avec le Département fédéral des affaires étrangères.
Lors de mon déplacement pour la conférence sur la sécurité de Singapour, nous nous sommes adjoint des représentants du Département fédéral des affaires étrangères, nos attachés de défense en Asie, celui qui est en Inde et celui qui est en République populaire de Chine et qui a aussi la responsabilité de la Corée du Sud. Un bilan de ce déplacement a été établi et, de leur point de vue, cette façon de pratiquer a été très positive. On a une fausse image, car ce ne sont pas les mêmes réseaux. Le réseau du Département fédéral des affaires étrangères est totalement différent de celui des attachés de défense. Il faut donc travailler de concert, essayer d'intervenir là où l'on voit des difficultés. Les différentes personnes doivent travailler ensemble dans l'intérêt du pays, afin de mettre leurs compétences respectives au service de la Suisse en oubliant certaines petites querelles de chapelle ou des incompréhensions mutuelles entre les départements concernés.
Tant mon collègue du Conseil fédéral en charge du Département fédéral des affaires étrangères que moi, nous sommes prêts et motivés à faire en sorte que ce qui existe déjà soit optimisé. Par la suite, si nécessaire, nous pourrons évidemment envisager d'adapter le dispositif.
J'ai pris en compte et entendu votre appel en vue de disposer d'un attaché à la cybersécurité. Nous menons actuellement une large réflexion en interne. Vous savez que le Conseil fédéral va revoir sa stratégie globale en matière de cybersécurité. Nous avons fait plusieurs appréciations au sein du département et avons même procédé à un exercice dernièrement. J'ai donc pris note de votre demande; nous allons étudier cet aspect, qui est particulier. Le cas échéant, j'aurai l'occasion de vous donner une position consolidée. Je précise que nous voulons agir dans un cadre global, le Conseil fédéral devant revoir de manière générale sa stratégie sur le plan de la cybersécurité.
Tout cela pour vous dire que je suis sensible, Monsieur Damian Müller, à vos remarques ou critiques que je considère constructives. Nous essayerons, dans la mesure du possible, d'en tenir compte là où nous estimons qu'elles sont judicieuses.