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Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2016-12-06

Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2016-12-06

Wortprotokoll

Tout d'abord, je tiens à déclarer mes liens d'intérêts: je suis la présidente de Stop OGM - Coordination romande sur le génie génétique.

Actuellement, un moratoire empêche de cultiver des OGM dans notre pays, et ceci jusqu'en 2017. Que faut-il faire après? Dans un premier temps, le Conseil fédéral a mis en consultation une solution de coexistence avec la possibilité de créer des zones sans OGM. Mais la très grande majorité des organisations consultées a refusé ce projet. La majorité ne voulait simplement pas d'OGM, n'en voyant pas l'intérêt pour l'agriculture et les consommateurs en Suisse. Le Conseil fédéral nous a alors soumis la modification de loi que nous avons sous les yeux.

Nous constatons que cette coexistence est très complexe et que les risques de contamination restent très grands. Par ailleurs, le Conseil fédéral a réalisé un rapport sur les coûts et les bénéfices des plantes génétiquement modifiées. Ce rapport dit: "Au niveau socioéconomique, les résultats pour les OGM se sont révélés en général moins bons que pour les plantes conventionnelles. Il y a deux raisons principales à cela: en premier lieu, il faut s'attendre à de mauvaises ventes en raison de la faible acceptation des produits issus de cultures d'OGM en Suisse, ce qui se traduit par une diminution des revenus des producteurs. Deuxièmement, les mesures de coexistence et de séparation des flux de produits entraînent des surcoûts au niveau de la production et de la transformation." Le Conseil fédéral conclut: "Cette étude montre que les cultures d'OGM de première génération ne sont actuellement pas viables, surtout du point de vue économique."

Dès lors que nous constatons pratiquement l'impossibilité d'une coexistence sans contamination, que cela va augmenter le coût de tous les produits, qu'il y aura une perte d'image pour notre agriculture et que les agriculteurs et la majorité des consommateurs n'en veulent pas, on se demande pourquoi il faudrait maintenir une coexistence à tout prix.

Les produits suisses destinés à l'exportation vivent des moments difficiles en raison du franc fort, sans parler du coût de la vie, pour nous tous, qui est déjà très élevé. Notre agriculture aurait tout à gagner à l'adoption d'un moratoire illimité. Cela permettrait de donner une plus-value à des produits garantis sans OGM, car les consommateurs suisses ne sont pas les seuls à ne pas vouloir d'OGM.